Saturday, December 4, 2010

Pour Pierre Péan, la Françafrique n'existe plus

Fini le temps où la France était le moteur de l'Afrique. Aujourd’hui, les Etats-Unis, Israël et la Chine se disputent sur le continent de nouvelles zones d’influence. C’est la thèse du journaliste d’investigation Pierre Péan dans son dernier livre, "Carnages".
Pierre Péan, journaliste d'investigation, a écrit deux livres sur les événements du Rwanda. L'un en 2005, Noires fureurs, blancs menteurs, et l'autre, Carnages, qui vient de paraître chez Fayard. Son idée-force : les choses ne se sont pas passées comme on l'a dit et, dans cette affaire, la France a été victime de grandes manoeuvres pilotées par les Etats-Unis, visant à l'évincer de la région des Grands Lacs, au centre de l'Afrique, à la frontière orientale du Congo. Entretien.

Pierre Péan - Ma thèse, c'est qu'au Rwanda en 1994, il n'y a pas eu seulement un génocide exécuté par les milices hutus contre les Tutsis, mais que parallèlement des Hutus ont été exécutés en masse par les soldats du Front patriotique rwandais (FPR) de l'actuel président Paul Kagamé. Surtout, je soutiens que ce qui s'est passé en 1994 est l'aboutissement d'une guerre civile commencée en 1990. Une guerre superbement bien pensée, à la différence d'autres guerres civiles en Afrique.

Bien pensée par qui ? Par Kagamé et son parti le FPR mais pas seulement. Derrière, on trouve Yoweri Museveni, le dirigeant de l'Ouganda. Bien pensée pourquoi ? Non seulement les mecs ont des missiles, des armes sophistiquées, mais ils mènent dès le début une guerre de l'information. Bien pensée parce que Kagamé présente ça tout de suite comme une guerre de libération. La théorie fonctionne encore aujourd'hui, dire qu'évidemment ce sont les extrémistes hutus qui ont planifié le génocide des Tutsis, mais planifié aussi l'attentat contre l'avion du président Habyarimana, pourtant hutu lui-même. Or, dès 1996, les enquêteurs du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) commencent à trouver que ça ne colle pas. C'est ce que je raconte dans mes livres.

Dans Carnages, vous dites que le vrai génocide aurait eu lieu en 1996-97, par les Tutsis de Kagamé contre les Hutus réfugiés dans la région du Kivu, dans l'est du Congo. Des millions de morts dont personne n'a parlé.

Ce que j'essaie de montrer, c'est qu'on fait comme si la France était encore le moteur principal de l'Afrique - la Françafrique -, ce qui n'a plus de sens. On raconte que, dans une logique néocoloniale, la France a aidé le Hutu Habyarimana à préparer le génocide des Tutsis. Schéma qui fait de la France la puissance maléfique absolue et de Kagamé, le chevalier noir triomphateur du néocolonialisme français. A l'opposé, Bongo, au Gabon, est devenu l'infâme salaud. J'essaie de montrer que cette grille de lecture est fausse et que Paul Kagamé a été adoubé par les Américains pour qu'il les aide à dessiner les nouveaux contours des zones d'influence dans l'Afrique des Grands Lacs et dans l'ancien Zaïre, en réduisant celle de la France.

Maintenant, que s'est-il passé au Kivu en 1996-1997 ? Le nouveau régime rwandais s'est vengé sur les Hutus qui s'y étaient réfugiés. Il n'est pas sûr qu'on puisse employer le mot "génocide". Mais, et c'est une première, un rapport de l'ONU, publié le 1er octobre dernier, évoque la "possibilité d'un génocide". C'est simple : les Tutsis du FPR, revenus au pouvoir avec Kagamé, ont considéré tous ces Hutus comme des génocidaires. Ils les ont massacrés, et l'histoire est passée comme une lettre à la poste. Dans un superbe bouquin, A Continent for the Taking, le journaliste du New York Times Howard French, qui était sur place, raconte qu'en fait de génocidaires, c'étaient en majorité de pauvres gens cavalant dans la forêt.

Vous racontez qu'à l'époque la France avait essayé d'intervenir pour sauver les Hutus mais avait été bloquée par les Américains.

Oui, et ça n'a jamais été révélé. Jacques Chirac a essayé d'intervenir par deux fois. Bien sûr, les services français étaient au courant de tout ce qui se passait sur le terrain, et notamment que Rwandais et Ougandais recevaient de l'aide américaine dans leur traque aux "génocidaires". Chirac a d'abord voulu lancer une opération multinationale, sachant que la France, diplomatiquement isolée à cause des attaques contre sa politique passée au Rwanda, ne pouvait pas la monter seule. Les militaires français ont essayé de travailler avec les Anglais, empêchés par les Américains. Exaspéré, Chirac a donné des instructions pour préparer une deuxième opération, cette fois totalement française. Les pressions américaines l'ont obligé à faire revenir du Kivu forces spéciales et agents de la DGSE. Dans les deux cas, ni Kagamé ni Museveni ne voulaient se retrouver face aux Français.

Quel était l'objectif stratégique de Kagamé et Museveni ? Annexer des bouts du Congo ?

Kagamé et Museveni voulaient étendre leur domination sur une région dont le sous-sol et les terres sont riches. Agrandir "la République des volcans", que d'autres appellent Tutsiland.

Les Américains veulent expulser la France de la région ?

C'est effectivement l'un des aspects importants de ce qui s'est passé depuis la chute du mur de Berlin. Roosevelt rêvait déjà de disloquer les empires coloniaux de la France et de la Grande-Bretagne. Mais la guerre froide a empêché les Américains de mettre en oeuvre cette politique. L'intérêt de l'URSS pour le continent africain a obligé les puissances occidentales à rester unies et donc à conserver plus ou moins les anciens équilibres. Mais pour avoir une vue d'ensemble de ce qui s'est passé en Afrique de l'Est et dans la région des Grands Lacs, il est nécessaire d'introduire un acteur important : Israël.

Israël s'intéresse à l'Afrique ?

Et comment ! C'est probablement le pays qui, davantage que la France ou les Etats-Unis, a la vision la plus cohérente depuis le milieu des années 1950. L'Etat hébreu considère que l'Afrique est essentielle pour sa sécurité. L'idée fondamentale, que j'ai mis du temps à comprendre, c'est que l'Afrique représente pour Israël la profondeur stratégique qui lui manque dans un environnement arabe hostile. Seulement, en Afrique, il y a un os : le Soudan. Un pays énorme, cinq fois la France, sept cents kilomètres de côte sur la mer Rouge, un pays riche, notamment en pétrole... Mais un pays dirigé depuis 1989 par des islamistes, avec à leur tête Omar El-Béchir. Israël considère le Soudan comme potentiellement dangereux, autant que l'Iran. Il cherche donc à empêcher par tous les moyens que le pays devienne un deuxième Iran, capable un jour de le prendre à revers. D'autant que Khartoum, la capitale, est en relation étroite avec Téhéran et avec le Hamas.

Israël doit donc faire en sorte que le Soudan soit toujours inquiet de ce qui se passe à sa périphérie, dans le Sud-Soudan et à l'Ouest, dans le Darfour. Pour ce faire, Jérusalem a noué des alliances étroites avec les pays limitrophes du Soudan, surtout l'Ethiopie et l'Ouganda, pour encourager et aider les rébellions à l'intérieur du Soudan. C'est ainsi qu'Israël a aidé Idi Amin Dada et, quelques années plus tard, Museveni et Paul Kagamé, son protégé. La tragédie rwandaise et son prolongement congolais ne peuvent être déchiffrés s'ils ne sont pas reliés à la guerre secrète visant Khartoum, menée par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, Israël et les pays frontaliers du Soudan. Ils sont en quelque sorte des dégâts collatéraux.

Il n'y a pas qu'Israël qui s'intéresse au Soudan et à l'Afrique, il y a aussi la Chine.

J'y consacre tout un chapitre. La pénétration chinoise est impressionnante sur le continent africain. Ils investissent partout pour avoir accès aux matières premières nécessaires à leur développement, ils s'occupent aussi des petites boutiques sur les marchés qui, hier encore, étaient tenues par des Africains. A Khartoum, j'ai vu concrètement l'argent chinois : bâtiments neufs, embouteillages de voitures neuves, rues propres. Officiellement, les Chinois ne font que du business mais en réalité ils se sont déjà opposés à des décisions occidentales sur le Soudan... Ils seront probablement demain des acteurs importants face aux Américains.

Puissances traditionnelles et émergentes s'intéressent aux richesses du continent et redéfinissent chaque jour les zones d'influence. Le partage issu du traité de Berlin, en 1885, est mort. Les Américains vont continuer à essayer de contrôler ce qui est difficilement contrôlable. Mais leurs poulains Yoweri Museveni, Paul Kagamé et Joseph Kabila ont failli : ils n'ont pas apporté la stabilité dans la région des Grands Lacs. Vont-ils chercher à les remplacer ? Dans l'agenda africain des prochains mois, il y a deux échéances à hauts risques : en janvier prochain, le référendum au Sud-Soudan qui va probablement entraîner l'éclatement du Soudan ; ensuite, l'élection présidentielle en république démocratique du Congo.

Author: Bernard Zekri & Léon Mercadet

Carnages - Les Guerres secrètes des grandes puissances en Afrique (Fayard), 560 p., 24,50 euros


Source: Les Inrocks, du 03/12/2010

FRANCE/RWANDA -MANDATS D'ARRÊTS:BRUGUIERE AVAIT CONSULTÉ LE GOUVERNEMENT FRANCAIS EN 2006

La Haye - Le site Wikileaks a commencé, lundi 29 novembre, à publier des télégrammes diplomatiques (http://cablegate.wikileaks.org) en provenance du département d'Etat et de 274 ambassades à travers le monde. Rédigées entre le 28 décembre 1996 et le 28 février 2010, ces notes sont classées « secret » ou « confidentiel ».


L'un de ces télégrammes, daté du 26 janvier 2007 et provenant de l'ambassade des Etats-Unis à Paris, relate une rencontre avec Jean-Louis Bruguière. Le juge anti-terroriste français, chargé de l'enquête sur l'attentat du 6 avril 1994 contre l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana, au cours duquel trois membres français de l'équipage avaient aussi trouvé la mort, avait émis, fin novembre 2006, neuf mandats d'arrêt contre des proches du président rwandais. Il avait aussi demandé au Secrétaire général des Nations unies de faire traduire Paul Kagame, qui jouit de l'immunité due à son statut de chef d'état, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda.

Dans ce télégramme, le représentant américain rapporte que selon le juge Bruguière, « les neuf personnes qu'il a cité ne pourront pas quitter le Rwanda sans crainte d'une arrestation » mais « [Bruguière] doute que le TPIR prenne l'affaire». Le diplomate précise que « Bruguière a confirmé qu'il avait consulté le GoF [le gouvernement français] sur l'émission de mandats d'arrêt dans les affaires portées contre neuf proches collaborateurs du Président Kagame pour l'assassinat du Président Habyarimana et de trois français membres de l'équipage de l'avion. » Signé Stapleton, du nom de l'ambassadeur des Etats-Unis en France entre 2005 et 2009, le télégramme explique également que le juge français « a dit qu'il avait présenté sa décision à des officiels français, y compris au président Chirac » et qu'il a « choisi de les consulter parce qu'il était convaincu de la nécessité de coordonner cela avec le gouvernement.»

Visiblement loquace, le juge français ajoutait « qu'il n'était pas surpris par la réaction officielle du Rwanda et a déclaré que le GoF était préparé à une réponse violente contre des ressortissants français. Il s'est félicité de sa propre décision d'aller de l'avant, ajoutant que la communauté internationale avait "une certaine responsabilité morale ». Selon le diplomate américain, « Bruguière a présenté son affaire d'une façon très professionnelle, mais il n'a pas caché son désir personnel de voir le gouvernement Kagame isolé. Il a averti que des liens plus étroits entre les Etats-Unis et le Rwanda serait une erreur ».



Source: Agence Hirondelle, du 03/12/2010

RDC:Enfants soldats , l'ONU impose des sanctions à un colonel de la RDC, Innocent Zimurinda

NEW YORK (Nations Unies) -- Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé d'interdire au colonel de l'armée de la République démocratique du Congo (RDC), Innocent Zimurinda, de voyager et de geler ses avoirs financiers, le reprochant d'avoir recruté et utilisé des enfants soldats.

Selon un communiqué du Bureau de la Représentante spéciale de l'ONU pour les enfants dans les conflits armés, publié jeudi, le colonel Zimurinda a mutilé ou exécuté des enfants soldats sommairement et a empêché à la Mission des Nations Unies en RDC ( MONUC) d'accéder aux enfants soldats pour les réintégrer à la vie civile.

Le chef militaire congolais est également accusé d'avoir supervisé plusieurs massacres de civils, dont des enfants, ainsi qu'un viol collectif de femmes et de filles.

Dans son communiqué, le Bureau de la Représentante spéciale appelle les FARDC à conclure un accord avec l'ONU pour la mise en place d'un programme de démobilisation des enfants soldats présents dans leurs rangs.


Source: Xinhuanet, du 03/12/2010

Friday, December 3, 2010

Putsch électoral en Côte d'Ivoire

Le sortant Laurent Gbagbo n'a pas renoncé à inverser sur le tapis vert ou dans la rue le verdict des urnes. Au risque d'endosser le costume du paria international et de plonger le pays des éléphants dans le chaos.

" Quitte à essuyer entre chien et loup un démenti cinglant, on prend les paris: avant que ce vendredi s'achève, le Conseil constitutionnel aura proclamé la victoire de Laurent Gbagbo, inversant ainsi les résultats provisoires livrés jeudi par la Commission électorale indépendante (CEI). Au doigt mouillé, l'instance suprême créditera le sortant de 51% des suffrages exprimés le 28 novembre, à la faveur du second tour du scrutin présidentiel, contre 49% concédés à son rival Alassane Dramane Ouattara, alias ADO.

Entre Abidjan et Bouaké, via Yamoussoukro, la messe n'est pas dite. Messe de couronnement, messe de requiem pour une démocratie morte-née? A l'heure qu'il est -16h00-, nul ne le sait. "Un pays, deux présidents?", titrait ce vendredi matin le quotidien privé L'Inter. Non. Deux pays et autant de chefs d'Etat. Car le feuilleton rocambolesque des 24 heures écoulées montre combien la partition de la Côte d'Ivoire, coupée en deux depuis le putsch avorté déclenché en septembre 2002 par la rébellion nordiste, demeure vivace dans les têtes, dans les âmes et dans les tripes.

Deux organes, deux résultats différents

Jeudi après-midi, Youssouf Bakayoko, président d'une CEI dominée par l'opposition, annonce à la sauvette la nette victoire de Ouattara: 54,1% contre 45,9 à celui qui, élu en 2000 pour un mandat, vient d'achever son deuxième quinquennat. Et ce dans l'enceinte de l'Hôtel du Golf, QG de campagne du challenger.

Cette mise en scène insolite s'explique: soumis à d'intenses pressions, voire menacé explicitement par le clan Gbagbo, Youssouf Bakayoko craint pour sa vie. A tel point qu'il aurait approché l'Onuci -la mission locale des Nations unies- ainsi que plusieurs chancelleries occidentales afin de solliciter leur protection en cas de grabuge.

Alassane Ouattara aurait pourtant remporté 54% des voix selon la commission électorale indépendante.
Aussitôt après, le Conseil constitutionnel, seul habilité à proclamer sous sept jours le verdict définitif et composé exclusivement d'obligés de "Laurent", riposte par la voix de son patron, Paul Yao N'Dré. Les chiffres ayant été annoncés après l'expiration du délai de trois jours prévu par le code électoral sont nuls et non avenus, la CEI n'étant "plus en mesure de décider quoi que ce soit."

Dès lors, le Conseil, désormais seul maître à bord du rafiot ivoirien, s'emploiera à statuer -avec bienveillance à coup sûr- sur les requêtes en annulation introduites par l'équipe du sortant contre les "votes frauduleux" raflés par ADO dans trois régions septentrionales. Rien d'étonnant: les stratèges de La Majorité présidentielle (LMP) s'échinent à soustraire le dossier à la CEI, réputée indocile, pour le confier à une cour constitutionnelle aux ordres.

Gbagbo refuse d'admettre sa défaite

On pourrait ergoter à l'infini sur les arguties juridiques que dégainent les deux camps. L'essentiel n'est pas là et tient en peu de mots: Laurent Gbagbo et les siens refusent d'admettre une nette défaite que confirment sur les rives de la lagune Ebrié toutes les sources indépendantes. A commencer par celles qui, Onuci en tête, sont en mesure de compiler les procès-verbaux émanant des bureaux de vote.

"Laurent est tombé dans le traquenard tendu par la CEI", s'indigne un ami proche du sortant. Argument spécieux: après avoir, en février, dissout dans un même mouvement le gouvernement et la Commission précédente, l'intéressé a avalisé la composition de sa nouvelle mouture. Erreur de jugement surprenante de la part d'un tel Machiavel subsaharien.

De même, son entourage a sous-estimé l'ampleur du report, en faveur de Ouattara, des voix collectées au premier tour par l'ex-président Henri Konan-Bédié. "On gagne ou on gagne!": le noyau dur du Front populaire ivoirien (FPI), le parti fondé par Gbagbo, a fini par s'enivrer de cette alternative singulière, élevée au rang de leitmotiv favori.


Laurent Gbagbo n'a pas renoncé à inverser le verdict des urnes.
Un signe: l'armée a annoncé dans la foulée la fermeture des frontières, tandis que les autorités décidaient la suspension de la diffusion des médias audiovisuels étrangers, à commencer par France 24, Radio France Internationale (RFI) ou TV5 Monde. Le bouclage du territoire, la censure: deux des outils de base du kit du parfait petit putschiste institutionnel.

Panoplie au demeurant imparfaite: ce vendredi, Bouaké, fief historique de la rébellion, et le nord du pays, que ne contrôle pas l'armée loyaliste, échappaient au huis-clos. Quant à mesurer le degré de loyauté de l'armée envers un chef d'Etat qui a certes su "soigner" les galonnés mais court le risque de précipiter la Côte d'Ivoire dans une nouvelle ère d'aventurisme...

Pour lui, la ligne de crête est étroite. Et la facture d'un éventuel passage en force s'annonce prohibitive. Car le mode entier a les yeux rivés sur Abidjan. Washington a d'ores et déjà félicité Ouattara. L'ONU, qui juge le déroulement du second tour "globalement satisfaisant", menace de "prendre des mesures appropriées" contre quiconque entraverait le processus électoral. Suivez son regard.

Appels internationaux

Le Premier ministre sortant Guillaume Soro, ex-chef de l'insurrection nordiste prie "instamment" le Coréen Youn-jin Choi, représentant du secrétaire général des Nations unies, de certifier les résultats; manière de reconnaître implicitement leur validité. Quant à L'Elysée, il appelle au "strict respect de la volonté clairement exprimée par le peuple ivoirien". Formule minimaliste qui suffit à doper la rhétorique francophobe en vogue au coeur du Gbagboland: "Le coup d'Etat de Paris a encore échoué", claironne ainsi Notre Voie, organe du FPI. En des circonstances moins graves, une telle Une serait risible.

En multipliant mises en garde et sommations, la communauté internationale fait peut-être à son corps défendant le jeu d'un Gbagbo apparemment résolu, pour sauver son trône, à abattre l'ultime carte de son jeu: celle du chauvinisme anti-impérialiste et du national-populisme.

Il y a quelque chose de navrant dans cet épilogue à haut risque. Laurent Gbagbo, le plus pugnace et le plus doué des leaders africains de sa génération, avait le choix entre chausser les mocassins du Sénégalais Abdou Diouf, qui sut en 2000 admettre son insuccès et s'effacer élégamment; et enfiler les rangers du Zimbabwéen Robert Mugabe. C'est ce qu'il a fait, pour le malheur de son peuple, de la sous-région et de l'Afrique tout entière.

Author: Vincent Hugeux, publié le 03/12/2010 à 16:00, mis à jour à 17:30


Source:  L'Express, du 03/12/2010

Côte d'Ivoire: Gbagbo se fait proclamer vainqueur de la présidentielle

ABIDJAN — Le chef de l'Etat ivoirien Laurent Gbagbo a remporté la présidentielle du 28 novembre avec plus de 51% des suffrages, a proclamé vendredi le Conseil constitutionnel, invalidant les résultats provisoires de la commission électorale qui donnaient Alassane Ouattara vainqueur.

Laurent Gbagbo "est proclamé élu président de la Côte d'Ivoire" avec "51,45%" des suffrages, contre "48,55%" à son rival, selon les résultats définitifs annoncés par le président du Conseil, Paul Yao N'Dré, lors d'une déclaration à Abidjan.

Le Conseil constitutionnel, qui est dirigé par un proche du chef de l'Etat, a ainsi invalidé les résultats provisoires de la Commission électorale indépendante (CEI), qui créditaient Alassane Ouattara de 54,1% contre 45,9% au président sortant.

Il a "annulé" les votes dans sept départements du nord, sous contrôle de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) depuis le putsch manqué de 2002, où selon le camp Gbagbo le scrutin avait été "frauduleux". Il a notamment invalidé le vote dans le département de Bouaké (centre), fief des FN.

Le Conseil constitutionnel a donné raison au candidat Gbagbo qui dénonçait "des irrégularités graves et nombreuses de nature à empêcher la sincérité et la régularité des résultats du vote" dans ces zones.

Il s'agissait notamment de "bourrages d'urnes" et de cas d'électeurs "empêchés" de voter ou "contraints, sous la menace des armes", de voter pour M. Ouattara, selon cette décision du Conseil.

Avant la proclamation des résultats définitifs, le camp Ouattara avait mis en garde contre un "putsch" de M. Gbagbo, et rejeté par avance les annonces du Conseil.

L'ONU et les principales missions d'observation internationales ont jugé que le scrutin s'était globalement déroulé d'une manière correcte, malgré des incidents parfois violents.

Elu en 2000 à l'issue d'un scrutin controversé dont avaient été exclus l'ex-président Henri Konan Bédié et l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara, M. Gbagbo était resté au pouvoir en 2005 après la fin de son mandat, en invoquant la crise née de la partition du pays. Les élections avaient été reportées à maintes reprises.

Graphique interactif sur la Côte d'Ivoire où la bête noire du régime ivoirien, l'opposant Alassane Ouattara a remporté le second tour de la présidentielle du 28 novembre avec plus de 54% des voix contre le sortant Laurent Gbagbo, une annonce immédiatement invalidée par le conseil constitutionnel.



Source: Cyberpresse, du 03/12/2010

COTE D"IVOIRE: Message du Président Alassane après la proclamation des résulats / La lettre du président Alassane Ouattara au président de la Cei

Mes chers compatriotes,
Chers amis de la Côte d’Ivoire,
La Commission électorale indépendante vient de proclamer ce jour, les résultats provisoires du second tour de l’élection présidentielle.
Je m’en félicite, et je salue le sens élevé des responsabilités et de l’honneur manifesté par le Commission électorale indépendante.
Je salue le Premier ministre Guillaume Kigbafori Soro pour la conduite remarquable du processus de sortie de crise. J’adresse mes vifs remerciements au Facilitateur du dialogue inter-ivoirien SE Blaise Compaoré, Président du Faso, au Secrétaire général de Nations unies et à la Communauté internationale pour leur importante contribution au maintien de la paix dans notre pays.
Je salue le sens du devoir des Forces de défenses et de sécurité nationales et internationales les qui méritent notre reconnaissance. Je les invite à poursuivre leurs efforts en vue de préserver un climat de paix.
Enfin, je voudrais de manière solennelle avoir une pensée pour toutes victimes de cette longue crise. La Côte d’Ivoire ne les oubliera jamais.
Mes chers compatriotes, les Ivoiriens se sont prononcé de façon massive avec un taux de participation de plus de 80% à cette élection. Ce qui est la preuve de leur volonté de changement et leur détermination à sortir de cette grave crise.
C’est avec beaucoup d’émotions et d’humilité que je reçois ces résultats.
En effet 2.481.603 électeurs ont porté leur choix sur le Rhdp et sur ma modeste personne. Soit un taux de 54,10% des suffrages exprimés. En ces instants, je mesure pleinement la responsabilité qui est la mienne face à la confiance et aux nombreuses attentes de nos compatriotes.
Ivoiriennes, Ivoiriens, j’exprime ma gratitude à tous nos compatriotes et les félicite pour l’option résolument faite pour renforcer la démocratie et d’en faire usage comme instrument de paix.
Je remercie également tous les militants et sympathisants du Rhdp ainsi que tous ceux qui ont contribué à notre victoire.
Je tiens particulièrement à adresser mes remerciements à mon aîné le Président Aimé Henri Konan Bédié, président du Rhdp dont le soutien et l’implication personnel ont été déterminants dans notre victoire commune.
Ivoiriennes, Ivoiriens, chers compatriotes, notre première et grande ambition sera de rassembler la nation autour des valeurs de paix, de pardon, de réconciliation et d’union.
Notre deuxième grande ambition sera d’améliorer ensemble les conditions de vie de nos compatriotes et d’assurer la grandeur du pays.
Pour atteindre ces objectifs, je m’engage à nouveau à former un gouvernement d’union, rassemblant toutes les compétences issues des différentes forces politiques et de la société civile de notre pays.
J’en appelle à tous les Ivoiriens, qu’ils aient porté leurs suffrages ou non sur ma personne, que c’est tous ensemble que nous devons relever les défis qui nous attendent. Je rappelle à mon frère Laurent Gbagbo, notre engagement commun à respecter les résultats proclamés par la Commission électorale indépendante.
Nous avons en plus, avec tous les autres leaders politiques, la responsabilité de garantir la cohésion et la paix dans notre pays.
A tous ceux qui veulent manifester leur joie en ces moments historiques pour notre pays, je voudrais leur demander de la célébrer dans la paix et d’éviter de répondre aux éventuelles provocations.
Notre pays a besoin de la paix et ne doit plus être confrontée à des affrontements.
Vive la Côte d’Ivoire.
Je vous remercie.

Propos recueillis par Paul Koffi

La lettre du président Alassane Ouattara au président de la Cei





A force de célébrer la malhonnêteté et la mauvaise foi, les représentants de LMP à la CEI ont été contraints de revoir à la baisse leurs prétentions liées à leur demande d`invalidation des résultats dans plusieurs régions du pays et au nom de laquelle ils ont organisé systématiquement les blocages à la CEI. Un courrier du candidat du RHDP adressé au président de la CEI a suffi pour créer la panique au sein des commissaires de LMP dont le monde entier sait aujourd`hui que ce qui les caractérise est la violence physique.

Abidjan, le 1er décembre 2010
Monsieur Alassane OUATTARA
Candidat à l`élection présidentielle
du 28 novembre 2010

Monsieur le Président de la Commission Electorale
Indépendante de la République de
Côte d`Ivoire

Objet : Proclamation des résultats provisoires de l`élection du 28 novembre 2010

Monsieur le Président,
Il nous revient de façon récurrente que le candidat de La Majorité Présidentielle (LMP) vous a adressé une requête aux fins d`invalidation du scrutin dans certaines régions du Nord et du Centre de la Côte d`Ivoire.
Or, au regard de la loi, il n`est pas de vos attributions d`invalider le scrutin, autrement nous vous aurions saisi en invalidation du scrutin dans les régions de l`Agnéby, du Haut-Sassandra, du Moyen-Comoé, du Fromager, de la Marahoué, des 18 Montagnes, du Moyen Cavally, des Lagunes, pour les motifs ci-après :
-Empêchements de vote;
-Violence et voies de fait sur nos représentants et militants;
-Achats de conscience d`électeurs ;
-Séquestrations de nos représentants ;
-Bourrages d`urnes;
-Menaces de toutes sortes;
-Atteintes à l`intégrité physique;
-Destructions de biens;
-Et toutes sortes de violations graves des droits de l`Homme;
C`est pourquoi, nous pensons que la Commission Electorale Indépendante doit s`atteler aux seules tâches qui sont les siennes, à savoir proclamer, sans délai, les résultats provisoires de l`élection présidentielle du 28 novembre 2010.
Nous nous permettons de rappeler que le délai de trois jours imparti à la Commission Electorale Indépendante expire ce jour, avec comme conséquences le risque de voir la CEI dessaisie, ce qui serait un échec dans la conduite de votre mission.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en l`assurance de nos considérations distinguées.
Alassane OUATTARA
Ampliations :
Vice-présidents de la CEI
Commissaires de la CEI


La CEI a proclamé les résultats, hier// ADO, nouveau président avec 54,10%

Ça y est. Après plus de trois jours d'attente, d'angoisse, de stress et d'incertitudes, les Ivoiriens sont situés sur le nom de leur nouveau Président de la
République. Le cinquième (5ème) Président de la République. Il se nomme Docteur Alassane Ouattara, candidat du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP). Il l'a emporté devant Gbagbo Laurent, candidat de La majorité présidentielle (Lmp), à l'issue du second tour de la présidentielle, avec 54,10% des voix.
Selon la Commission électorale indépendante dont le président Youssouf Bakayoko a donné les résultats hier, le tableau est comme suit : inscrits 5 725 721 ; votants : 4 689 366, soit un taux de participation de 81, 09%. Bulletins nuls : 98 026. Suffrages exprimés : 4 470 219. Ont obtenu : Gbagbo Laurent 2 107 055 soit 45,90%. Alassane Ouattara, 2 483 164 soit 54,10%. Est donc déclaré vainqueur de la présidentielle 2010, le candidat Alassane Ouattara. La proclamation est intervenue hier au moment où le président du Conseil Constitutionnel, Yao N’dré, rebondissait sur ce qu'il a vu comme l'incapacité de la Cei à donner les résultats dans le délai de trois jours, et qu'il se donnait 7 jours pour annoncer les résultats définitifs. Il a aussi été saisi par le parti de Gbagbo Laurent qui demande l'annulation des résultats dans toutes les régions du Nord où Ouattara a écrasé le candidat de Lmp. La proclamation des résultats vient mettre fin à plus de huit ans d'attente, de crise militaro-politique et surtout de course derrière une légalité démocratique. Du moins, c'est ce qu'on espère. Les fils d'Houphouët-Boigny, sous la houlette du Président Henri Konan Bédié, retrouvent ainsi la tête du pays et doivent dans le cadre d'un programme commun de gouvernement, remettre le pays sur les rails le plus rapidement possible. Après la proclamation des résultats, la communauté internationale a immédiatement envoyé, hier, un message fort et ferme à Laurent Gbagbo, pour lui signifier que quiconque de ses partisans, sortira dans les rues pour s'en prendre aux populations, à d'autres habitants du pays, aux journalistes et aux Institutions, aux biens privés et publics, sera traduit directement devant le Tribunal Pénal international (TPI).
Author:OUATTARA CHERIF

Source: Le Nouveau Réveil, du 03/12/2010

Wednesday, December 1, 2010

Anarchie dans les mines de l’Est: Des officiers ex-CNDP pointés du doigt

Dans un rapport présenté, le lundi 29 novembre 2010 à NewYork, un groupe d’experts mandatés par l’ONU pointe du doigt des officiers des FARDC, particulièrement ceux issus des rangs du CNDP. L’ONU les tient pour responsables du désordre qui sévit dans les principales zones minières de l’Est.

Il y a peu Le Potentiel relevait dans une de ses livraisons que le Kivu était « transformé en Far west ». Dans cet article, le quotidien s’appuyait sur une série de témoignages faisant état de l’anarchie qui gagne de plus en plus le secteur minier de trois provinces de l’ex-Kivu (Maniema, Nord et Sud-Kivu).

En l’absence de l’Etat, qui s’est autoexclu du circuit en décrétant la suspension de toute activité minière, le désordre a repris ses lettres de noblesse dans les mines de l’Est. Il s’ensuit que la paix est loin d’être instaurée dans cette partie du territoire national. Du fait des hommes armés qui règnent en maître dans cette partie de la république.

DES PREUVES DE COMPROMISSION

Un rapport, rendu public le lundi 29 novembre 2010 à New York par un groupe de cinq experts mandatés par les Nations unies pour enquêter sur le respect de l’embargo sur les armes qui frappe la RDC, livre des conclusions qui chargent davantage les hommes en arme appartenant aux FARDC. « L’armée congolaise, pense l’ONU, est liée à l’instabilité en RDC ». Plus loin, relève le rapport, l’exploitation des ressources minières de l’Est de la RDC est devenue la principale motivation des affrontements qui perdurent dans cette région.

En effet, au terme des enquêtes menées sur le terrain, ce groupe d’experts fait des révélations qui mettent à nu des « réseaux criminels actifs » au sein des FARDC. Ces réseaux, indiquent les enquêteurs, aggravent l’insécurité dans le pays en se livrant à la contrebande, au braconnage et à l’exploitation illégale des ressources minières, notamment de l’or.

Les experts de l’ONU indexent en particulier plusieurs officiers, pour la plupart d’anciens rebelles tutsi du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple), incorporés dans l’armée après un accord de paix conclu en 2009. « Des officiers, à différents niveaux de la hiérarchie des FARDC, se disputent le contrôle de zones riches en minerais, aux dépens de la population civile », écrivent-ils en se montrant convaincus de l’implication directe des hauts gradés des FARDC dans le trafic des ressources minières. Ils affirment que l’exploitation minière au Kivu, officiellement gelée en septembre dernier, se poursuit. En grande partie sous la supervision d’officiers FARDC.

Selon le rapport, outre des officiers ex-CNDP des FARDC, des généraux au niveau de la 8ème région militaire ( Nord-Kivu) et de l’état-major de la force terrestre, sont activement impliqués dans l’exploitation de la mine de cassitérite de Bisie, l’une des plus productives du Nord-Kivu.

S’appuyant sur ces allégations, les experts de l’ONU décrivent une armée congolaise aux actions « dictées principalement par les intérêts économiques de ses chefs ». Ainsi, selon les experts onusiens, « la création en 2010, dans la région de Walikale (où se trouve la mine de Bisie), de la milice Maï-Maï Cheka procéderait des mobiles mercantilistes dont les commanditaires se recrutent dans la hiérarchie militaire dans le Nord-Kivu ».

Dans ces conditions, s’interrogent les enquêteurs de l’Onu, quel crédit peut-on accorder aux nombreuses initiatives du gouvernement tendant à sécuriser la partie Est de la RDC ?

Apparemment, la paix à l’Est ou les actions menées ça et là pour pacifier cette partie du territoire national sont torpillées part ceux-là mêmes qui devaient en garantir l’efficacité, notamment des militaires des Forces armées de la RDC. Le drame est que ce sont les galonnés et commandants des troupes qui entretiennent le désordre pour faire prospérer leurs affaires.

L’interdiction de l’exploitation artisanale dans les mines de l’Est n’aura été qu’un coup d’épée dans l’eau. Un non événement destiné juste à la consommation extérieure. Or, en décrétant la mesure, le chef de l’Etat avait clairement fustigé la chaîne maffieuse qui se nourrissait de l’exploitation illégale des mines de l’Est. Il s’était indigné de graves ramifications de ce réseau aussi bien dans l’administration que dans les FARDC.

Mais, depuis ce constat – fait par ailleurs à Goma, plaque tournante de ce commerce illégal – personne n’a été sanctionné, surtout dans les rangs des FARDC. Voilà une preuve de l’impunité. Certains citoyens se placent ou sont placés au-dessus de la loi.

Dans ces conditions, l’on ne peut donc pas s’étonner que des groupes armés actifs dans l’Est du Congo, y compris l’armée congolaise, aient réussi à contourner les programmes internationaux pour mettre sur pied des réseaux qui exploitent les ressources minérales du pays.

Le rapport précise que ces groupes armés demeurent actifs en dépit d’efforts visant à les désarmer et à réformer une armée réputée désorganisée et indisciplinée. Le rapport affirme qu’un gang criminel a même été formé au sein de l’armée.

UN DEMENTI QUI NE DEMENT RIEN

Les principales articulations du rapport se fondent sur les informations fournies par l’Onu et des groupes locaux de même que sur les « observations directes faites sur le terrain » par l’équipe. Ces informations auraient été corroborées par au moins trois sources que le groupe d’experts a jugées fiables.

Toutefois, un porte-parole des FARDC basé à l’Est, en l’occurrence le commandant Sylvain Ekenge, s’est interrogé sur la crédibilité de ce rapport. Approché par Reuters, il a déclaré fausses les allégations selon lesquelles d’anciens officiers du CNDP seraient « les vrais décideurs ». Selon lui, les enquêteurs « se présentent comme des experts mais ils se fondent sur des rumeurs ».

Toujours est-il que le Conseil de sécurité de l’Onu a approuvé plusieurs recommandations du rapport, dont une demande d’enquête sur les atteintes aux droits de l’Homme dans l’armée nationale et une autre en faveur de nouvelles directives applicables dans l’industrie minière.



Source: Le Potentiel, du 01/12/2010