Tuesday, June 21, 2011

RWANDA: RWANDA NATIONAL POLICE: Press release

THE ARREST OF TERRORISTS OPERATING KAYUMBA’S TERRORIST NETWORK

Kigali, June 21, 2011

Rwanda National Police in conjunction with other security organs have arrested a terror network on a mission to conduct terror activities in Rwanda.
The arrested criminals are led by Colonel Norbert Ndererimana commonly known as Gaheza who heads an armed group based in Binza, Rutchuru, in Virunga national park, North Kivu, Eastern DRC.
Colonel Ndererimana was arrested with Ramathan Sibomana, Ibrahim Niyonzima, Asifat Kansime, Emmanuel Higiro also known as Kabasha and John Mutabaruka.
Investigations have shown a strong link between this group and Kayumba’s terror activities. They have testified how they received orders from Kayumba and Emmanuel Habyarimana through Rwanda National Congress (RNC) and Convention National des Republicains (CNR) respectively to conduct terror activities in Rwanda.
They have been receiving financial, material and political support from Kayumba’s extensive network in Uganda and DRC to commit terror acts and wage war on Rwanda.

The arrested terrorist criminals revealed their plans of committing terror acts in Rwanda from their bases in Eastern DRC.
They were to target high populated areas, fuel storage facilities and fuel transport vehicles, national leaders as well as diplomats.
This revelation has been corroborated by earlier investigations linking Kayumba to terror activities in Kigali and his alliance with other terror groups operating from outside of Rwanda.

The Rwanda National Police take this opportunity to thank members of the public who have provided vital information that led to the uprooting of this terror network.
It assures the public of their security against these terrorists. Every effort will be done to bring the terrorists especially their leaders to justice.

Source: Newtimes, Wednesday, June 22, 2011

RDC: Déclaration politique de l’Alliance des Patriotes pour la Refondation du Congo (APARECO)

Monday, June 20, 2011

RWANDA: Ingabire’s trial adjourned to September

KIGALI - The High Court yesterday, for the second time, adjourned the trial involving Victoire Umuhoza Ingabire to September, leader of the yet-to-be registered political party FDU-Inkingi, and four others, after the defendant requested for more time to prepare her defence.
The decision by a panel of High Court judges followed another one of May 16 when the case was first adjourned after Ingabire requested for more time.
Ingabire who was flanked by her lawyer Gatera Gashabana, is charged with giving financial support to a terrorist group, planning to cause state insecurity and divisionism.
Ingabire raised the same argument as in previous appearances; that she needed enough time to study her file and also translate it into English for her two British lawyers who were not present in court.
“I did not get enough time to study my file which is now about 2,500 pages. We also need to translate it for my lawyers. I have also come to know that my case will be jointly heard with the co-accused,” she said.
“While they admit the charges, I don’t, which means that I am the one who needs more time, so I think by September we will be ready to file our defence,” Ingabire said.
After a consultative meeting held in-camera, the judges decided to grant Ingabire her request and set the new date.
The judges, however, told Ingabire and her defence to ensure that by September everything is ready for the trial to begin in substance and that if her English lawyers cannot be available, she should look for others because the court sets the rules and not the lawyers.
“We are ready to begin the trial as soon as the defence is fully prepared. Our country respects the rights of the accused to a fair and speedy trial, we have no problem if she feels that September is more appropriate for her,” Prosecutor Mukurarinda said.
“The most important thing is that we are ready to proceed with the evidence that we have and that the rights of the other people involved in the case are dully accorded to them.”
Ingabire’s co-accused Col. Tharcisse Nditurende, Lt. Colonel Noel Habiyaremye, Lt. Jean Marie Vianney Karuta and Major Vital Uwumuremyi, all former militia commanders, and their defence teams, told the court that they were ready to proceed with their trials.
They argued that Ingabire’s request to have her hearing postponed should not infringe on their rights of a quick and expeditious trial, but the court upheld the decision to hear the case jointly.
In an interview with The New Times, Prosecutor General Martin Ngoga said that it is now clear that Ingabire is causing the delay of the hearing of her own case.
"Ingabire asked for yet another adjournment and the Court granted it. Yes, in the past we were accused of delays, but that was not correct as were many other related accusations against the prosecution,”
“We can only go by the court rulings and have no complaints against that,” Ngoga said.

Source: Newtimes, Tuesday, June 21, 2011Author: Edmund Kagire

RWANDA-AFRIQUE DU SUD : fuite d’enregistrements dans l’affaire Nyamwasa ?

Des enregistrements, présentés comme des écoutes téléphoniques de la police sud-africaine sont en circulation sur Internet depuis quelques jours sur la toile et sont l’un des sujets à la une dans les discussions de la commaunauté rwandaise.

JamboNews a pu se procurer l’un d’entre eux en vue de l’analyser pour ses lecteurs. On y entend deux hommes converser en Kinyarwanda, langue nationale du Rwanda.

En bref une personne en Afrique du Sud donne le compte rendu au [selon le journal Umuvugizi ] Général Jack Nziza, actuel chef de cabinet du ministre de la défense de ses négociations avec un groupe de tueurs à gage pour éliminer Kayumba Nyamwasa sur le lit de l’hôpital où il recevait des soins suite à l’attentat raté. La voix du Général Jack Nziza a été confirmée par plusieurs sources indépendantes ayant travaillés avec Jack Nziza et contactées par JamboNews.

Rappelons aussi que ce personnage semble s’être imposé pour des missions d’élimination d’opposants ou dissidents de grande importance. Dans le passé il a conduit les assassinats de Seth Sendashonga, ancien ministre de l’intérieur – c’était le 16 mai 1998 – et du Colonel Théoneste Lizinde le 06 octobre 1996 tous deux assassinés à Nairobi.

Dans le présent cas, dès le début de la conversation Jack Nziza demande à son interlocuteur de « parler dans le plus possible langage codé». Ce dernier continue en faisant part de la délicatesse de la situation car la sécurité était au maximum du fait de la Coupe du monde qui était imminente. De cette situation les exécutants demandaient 500 000$ pour faire le « travail »mais la difficulté se trouvait dans le cheminement de cette somme du Rwanda vers l’Afrique du Sud car le complot se voulait urgent et les tueurs exigeaient bien sûr qu’ils soient payés presque instantanément : 250 000 d’avance, 250 000 autres juste après l’accomplissement de leur « tâche ».

Intox ou document authentique?

D’aucuns se posent la question de l’authenticité de ces enregistrements. Pourquoi ces interlocuteurs s’efforceraient ils de parler en Kinyarwanda alors qu’ils ont facile à parler Anglais ? Etant des gens du renseignement, ignorent-ils que le risque est hautement élevé de voir leurs conversations décryptées – surtout lorsque cette affaire faisait grand bruit? Etait-il nécessaire qu’un général s’expose aussi directement dans un complot qui allait porter atteinte à l’ordre public d’un autre Etat et pas n’importe lequel : l’Afrique du Sud qui tout de même une grande puissance à l’échelle continentale et dont le parti dominant ANC avait plutôt une certaine sympathie pour les anciens exilés du FPR dont certains d’entre eux ont participé aux différentes guerres de Libération en Afrique du Sud au temps d’Apartheid et au Mozambique notamment ?

De notre avis le fait de parler Kinyarwanda serait sûrement motivé par cet espoir fragile de ne pas être compris par les services de renseignements qui travaillaient sur l’affaire d’arrache pied. Mais bien sûr qu’ils ne peuvent se désintéresser du simple fait que la conversation est dans une langue étrangère et peu usitée au niveau international – l’origine et la destination des appels, la nationalité des personnes sont des éléments suffisants pour attirer l’attention.

Quant au risque, l’importance de l’affaire, ou plutôt de la victime, vaut pour le régime du FPR, et du Président Kagame en particulier, la peine. Et ceci explique aussi que la situation soit traitée par un des généraux les plus influents et les plus fidèles à Paul Kagame. La même réponse, l’importance de la personne, justifierait le risque pris pour porter un coup dur aux relations diplomatiques entre les deux pays. Pour le FPR en effet, il s’agirait d’une question de survie et donc d’un jeu sans règles et dans lequel tous les coups seraient permis.

En marge de l’interview accordée par Gérald Gahima à Jambonews au mois de décembre, ce dernier avait confié à deux membres de l’équipe que le RNC détenait plusieurs enregistrements audios qui démontrent l’implication des plus hautes autorités rwandaises dans la tentative d’assassinat.

Selon un proche du RNC contacté, le RNC dévoilera progressivement au grand public l’ensemble de ces enregistrements qui sont à la source de la congélation des relations diplomatiques entre Pretoria et Kigali.

Espérons que d’ici là, la justice sud africaine aura fait son bout de chemin et aura permis de lever le voile, sur cette tentative d’assassinat et notamment sur l’authenticité de ces audios.



Author: Pacifique Habimana
Source: Jambonews.net, du 20/06/2011

RDC: 18.850 refugiés congolais au Rwanda prêts pour le retour volontaire en RDC

KINSHASA (Xinhua) - 18.850 réfugiés congolais vivant dans le camp de Kiziba, situé dans la province de l'ouest du Rwanda, à 30 kms de Kibuye, ont exprimé la volonté de retourner dans leur pays d'origine après près des 15 années passées hors de leur patrie mère, selon un communiqué parvenu dimanche à l'agence Xinhua (Chine Nouvelle). Lundi 20 juin 2011 | 05:17 UTC 0CommentairesImprimerEnvoyer

Cette volonté a été exprimée à la délégation du gouvernement provincial du Nord-Kivu vendredi 17 juin 2011, au camp de Kiziba au Rwanda, lors d'une mission inscrite dans le cadre des rencontres des provinces transfrontalières de la Communauté Economique des Pays de Grands Lacs (CEPGL).

La partie congolaise conduite par le vice gouverneur de la province du Nord-Kivu, Feller Lutaichirwa Mulwahale, a visité pour la première fois ce camp, depuis l'établissement sur ce site de fortune depuis près de 15 ans, ces compatriotes congolais qui ont exprimé la volonté de regagner leur pays.

Feller Lutaichirwa leur a rassuré que des dispositions sont en cours d'exécution pour leur accueil. C'est, entre autre, l'installation des comités locaux permanents de conciliations (CLPC) dont la mission principale consiste à assurer la réinsertion des réfugiés dans leurs localités d'origine au Nord Kivu.

"Des rencontres tripartites régulières entre nos deux pays et le HCR se tiennent dans les perspectives de votre retour sur base des principes humanitaires internationaux", a ajouté M. Lutaichirwa avant d'indiquer que ce sont des retombées de bonnes relations diplomatiques existant entre la RDC et le Rwanda.

"Toutes ces démarches sont les fruits de l'excellence des rapports entre nos deux chefs d'Etat Joseph Kabila de la RDC et Paul Kagame du Rwanda", a-t-il affirmé.

C'est ainsi, a-t-il ajouté, qu'une proposition de "Go and se" (allez voir), a été émise, en vue d'échanger les informations entre les deux parties, enfin indiqué le chef de la délégation congolaise.

Environ 53.000 réfugiés congolais au total vivent au Rwanda, contre 89.000 réfugiés rwandais en RDC.



Source: Afriquinfos, du 20/06/2011

Sunday, June 19, 2011

ONU/homosexuels: Le Conseil des droits de l'homme introduit à l'ONU des notions qui n'ont aucune fondation légale

Le représentant du Pakistan s'est déclaré sérieusement préoccupé par cette tentative d'introduire à l'ONU des notions qui n'ont aucune fondation légale dans la législation internationale des droits de l'homme.



GENEVE - Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a adopté vendredi une résolution historique destinée à promouvoir l'égalité des individus sans distinction de leur orientation sexuelle.

La résolution a obtenu 23 votes en faveur, 19 contre et trois abstentions.

Présentant le texte, le représentant de l'Afrique du Sud a déclaré que personne ne doit être soumis à la discrimination ou la violence en raison de son orientation sexuelle.

Le vote a donné lieu à un débat houleux au sein du groupe de pays africains, présidé par le Nigeria, et du groupe des pays islamiques, farouchement opposés à la résolution.

Le représentant du Pakistan notamment s'est déclaré sérieusement préoccupé par cette tentative d'introduire à l'ONU des notions qui n'ont aucune fondation légale dans la législation internationale des droits de l'homme.

Le délégué du Nigeria a attaqué l'Afrique du Sud, l'accusant d'avoir rompu avec la tradition du groupe africain de trouver un consensus avant de voter sur une résolution.

Cela me fait de la peine parce que l'Afrique du Sud est le pillier de l'Afrique a-t-il dit, affirmant être convaincu que plus de 90% des sud-africains ne sont pas en faveur de la résolution.

Il est intéressant que les pays occidentaux soient vos partenaires aujourd'hui a-t-il ironisé.

Pour sa part la représentante des Etats-Unis a estimé que le vote de la résolution entre dans l'histoire de la lutte pour l'égalité et la justice.

C'est un pas important vers la reconnaissance du fait que les droits de l'homme sont de fait universels, a-t-elle souligné.

La résolution affirme notamment que tous les êtres humains sont nés libres et égaux en ce qui concerne leur dignité et leurs droits et que chacun doit pouvoir bénéficier de l'ensemble des droits et des libertés (...) sans aucune distinction.

Elle demande également une étude sur les lois discriminatoires et les violences contre les personnes en raison de leur orientation et leur appartenance sexuelle.

Peu avant le vote, le représentant de l'ONG Amnesty International auprès des Nations unies avait qualifié l'adoption de cette résolution d'historique.


Selon Amnesty International, l'homosexualité demeure interdite dans 76 pays.


(©AFP / 17 juin 2011 13h23)


Source :Romandie.com, du 17/06/2011

RWANDA: Kayumba Nyamwasa demande -t -il pardon?

Le 14 mai dernier, lors d’une conférence du parti RNC à Londres, s’exprimant via internet, par conférence skype, le Général rwandais déchu Faustin Kayumba Nyamwasa a tenu à s’excuser en guise de réponses aux questions concernant son passé à la tête des troupes du FPR, et son rôle au sein du parti politique.

En effet, comme à chaque conférence du RNC, des questions sur le rôle et la responsabilité de Kayumba Nyamwasa en tant qu’ancien responsable d’une armée mono-éthinique et auteur présumée de plusieurs massacres et d’ actes de génocide ont été posées.

Voici en résumé ce que Kayumba Nyamwasa a répondu à ces questions :

■Il affirme qu’au début de l’invasion du FPR, à savoir en octobre 1990, ce n’était pas l’intention du FPR d’exterminer les Hutu en masse. Il donne ses preuves de coexistence pacifique avec les Hutu dans les régions de Nyagatare et Nyabwishongezi (Nord du pays).Les massacres systématiques ont été déclenchés par les mesures prises à l’intérieur du pays, par le gouvernement de Habyarimana. Notamment l’arrestation des supposés « traitres » à l’intérieur du pays, et les meurtres des Tutsi à Mutara entre autres. Tout ceci a provoqué, selon lui, l’esprit de vengeance et les règlements de compte. D’après lui, les massacres ont bien eu lieu et ont été perpétrés par l’armée du FPR, par les Ex-FAR, et par les populations civiles. De ce fait, on ne peut nier les morts de deux côtés, à savoir les Hutu et les Tutsi. Il a aussi confirmé la véracité du « mapping report ».
■Pour sa part, prendre la responsabilité d’une armée telle que le FPR, et commencer une guerre qui se termine par un génocide est une chose regrettable. En effet, il estime qu’une guerre qui se termine par un génocide n’est pas une victoire, au contraire, c’est un échec car c’était une guerre entre les rwandais et non une guerre entre les Rwanda et un pays étranger.
■En ce qui concerne la recherche de la responsabilité de chacun dans cette tragédie, il regrette « personnellement » et « s’excuse ». Il utilise les mots « It’s really regreatable and I really apologize ». Ce qui s’est passé était inapproprié. Il reconnaît qu’il a vu beaucoup de choses se passer. Cependant, tout ceci doit faire l’objet d’une enquête, et il attend que le moment arrive afin de qu’il puisse s’expliquer devant un tribunal. Il ne faut pas interférer avec le cours de la justice, il faut la laisser faire son travail ; et s’expliquer devant un public serait justement une interférence. Affirme-t-il.
■Tous les rwandais devraient reconnaître que tous ceux qui sont morts ont été tués par des rwandais. Ils devraient reconnaître que ce qui s’est passé était inapproprié, mais ils devraient aussi regarder vers l’avenir. Il donne l’exemple de l’Afrique du Sud : Mandela a été enfermé pendant 27 ans, mais à sa sortie de prison, les premières personnes avec lesquelles il a discuté étaient ses anciens bourreaux, à savoir Pieter Botha et Frederik De Klerk. Ils ont arrangé leur problème à leur manière. Donc, les rwandais devraient suivre l’exemple et résoudre leur problème.
■Il termine son intervention en réitérant ses regrets. En effet, il pense que c’est terrible et triste de voir, alors que les rwandais s’entretuent, certains crient haut et fort leur victoire. Mais quelle victoire ?. Rappelons que Mr Kayumba Nyamwasa est l’un des fondateurs du FPR (Front Patriotique Rwandais) en 1988. Il a fait des études de droit à l’université de Makerere avant de rejoindre la guérilla de Museveni pour renverser Milton Obote (Ouganda) ; Il a été le chef d’état-major de l’armée rwandaise sous le régime de Kagame – et de Pasteur Bizimungu ? (1994-2002). Son conflit avec Kagame remonte du temps où il a été nommé chef des services de renseignements (2002). Il est nommé ambassadeur en Inde en 2004 et, en février 2010, il quitte l’ambassade pour se réfugier en Afrique du Sud. A ce jour il a été victime de deux tentatives d’assassinat. Il fait aussi l’objet de trois mandants d’arrêts internationaux émis par la France, l’Espagne et le Rwanda. Aujourd’hui il milite au sein du mouvement RNC (Rwanda National Congrees) aux côtés des autres dissidents du FPR, entre autres Gerald Gahima et Patrick Karegeya.
Analysons de plus près les propos audacieux de Mr Kayumba :

■Il regrette quoi ?
Mr Kayumba Nyamwasa regrette ce qui s’est passé qui n’aurait pas dû se passer. Mais qu’est ce qui s’est passé qui n’aurait pas dû se passer ? Le fait que les rwandais s’entretuent, selon lui. En aucun cas, il ne dit regretter un fait personnel. Il regrette ce qui s’est passé en général. Tant que l’on ne sait pas ce qu’il regrette, comment juger la pertinence de ses regrets, du moins dans l’intérêt du peuple rwandais ?

■I really regreat and I apologize
Je regrette vraiment et je m’excuse:

Il s’excuse auprès de qui ?

Il s’excuse en général, mais il ne dit pas auprès de qui il le fait. Auprès du peuple rwandais ? Auprès de ses amis ? De sa famille ?

Il s’excuse pour quoi ? Pour quels faits ?

Pour ce qui s’est passé qui n’aurait pas dû se passer. Mais qu’est ce qui s’est passé exactement ? Les rwandais se sont entretués. Il va laisser les tribunaux établir les responsabilités de chacun dans cette tragédie. Pour sa part, il reconnaît qu’il a « vu » des choses se passer, mais il ne reconnaît pas avoir « fait » des choses.

La différence entre « S’excuser » et « demander pardon » est que ; quand on s’excuse, généralement on n’attend pas la réponse de la partie adverse. Les excuses peuvent être formulées de manière vague, de façon à ne pas se compromettre (pour aller de l’avant, continuer son chemin…). De plus, s’excuser ou excuser suppose que l’on peut relever les circonstances atténuantes ou des explications, bonnes ou mauvaises du geste posé. Cependant, quand on demande pardon, on attend généralement une contrepartie de la partie adverse, c’est-à-dire une interaction éventuelle. Le chemin du pardon est long et exige des précisions et la reconnaissance de ses responsabilités. Ce n’est pas un oubli, ce n’est pas le fait d’excuser ou de s’excuser, car le demandeur du pardon est sur un chemin qui lui permettra de se réconcilier avec soi-même, ainsi qu’avec les autres.

Dans notre langue rwandaise, cette différence n’existe pas à ma connaissance. Le mot qui existe est unique et c’est « gusaba imbabazi », ou « ndasaba imbabazi ». C’est pourquoi Mr Kayumba Nyamwasa a pris soin de dire ces mots en « anglais », malgré qu’il ait répondu à la question en Kinyarwanda intégralement.

Par conséquent, il serait prudent de ne pas rentrer dans la mouvance qui hoche la tête tout de suite aux supposé « demande de pardon », sans avoir répondu aux questions éventuelles relatives à cette demande qui n’a pas été formulée. Demander pardon suppose la mise à plat de ce qui s’est passé.

Et la justice dans tout ça ?

Selon lui, pour avoir des explications, il faut attendre quand il ira s’expliquer devant un tribunal institutionnel. Encore faudra-t-il que cela arrive …en effet, rien ne garantit que ce moment arrivera.

La justice n’est pas que celle exercée par un tribunal érigé par les hommes, mais aussi celle qui donne aux victimes la chance de connaître la vérité, ou ce qui s’est réellement passé pour les leurs, afin de faire le deuil et la réconciliation avec eux-mêmes. Tant que l’on reste vague dans ses propos, comment permettre à la justice, tant individuelle qu’institutionnelle de s’exercer ?[kp1]






Commission Vérité et Réconciliation AS



L’exemple de l’Afrique du Sud

A la fin de sa réponse, Nyamwasa donne l’exemple de Mandela, qui, après 27 ans de captivité, n’a pas hésité à négocier et coopérer avec ses anciens bourreaux, à savoir Pieter Botha et Frederik De Klerk. Si nous comprenons bien ses propos, le temps est venu aujourd’hui pour que tous les rwandais reconnaissent leurs torts, mais aussi qu’ils osent négocier leur liberté et leur paix avec les bourreaux d’hier.

Rappelons en passant que Mandela était de race noire issu de l’ethnie Xhosa, et que Pieter Botha et De Clerck sont issus des envahisseurs de l’Afrique du Sud depuis de siècles et de race blanche(Africanders). Ce qui diffère dans le cas du Rwanda où c’est une guerre fratricide. De plus, Botha n’a pas du tout été inquiété, ni aucun blanc d’Afrique du Sud pour son rôle dans l’apartheid. Le trou creusé par l’apartheid est resté le même à nos jours, les blancs ayant en main l’économie du pays, et gardant toutes les richesses acquises en oppressant le peuple noir. Aucune indemnité n’a été versé, juste une « commission vérité et réconciliation » qui a été créé, pour permettre de parler des atrocités, sans aucune réparation.

Je sais que Mr Kayumba va lire cet article, et je me permets de lui poser une question à ce sujet : Vous souhaitez aller de l’avant, vous dites que les choses inappropriées se sont passées, mais il faudra négocier avec vous. Puis-je supposer que vous vous mettez dans le camp des bourreaux d’hier ? Si négociation il y a pour la paix et liberté du peuple rwandais, faudrait-il ne plus vous inquiéter sur vos responsabilités dans la tragédie rwandaise, ainsi que tous les membres du FPR voulant se ranger de votre côté ? Laisser le pouvoir au sein de la minorité ? Ne pas récupérer les biens volés ? Et surtout ne pas demander réparation morale ou matériel ? Faudrait-il laisser à ceux qui se sont institués comme plus forts et plus présidentiables que tout le peuple, tous les privilèges qu’ils se sont octroyés de force pour payer la paix et la liberté ?[kp2]

Enfin, je dois dire que je salue l’intelligence de cet homme. On disait qu’il était parmi les plus intelligents du régime, mais je dois dire que je confirme ce fait en analysant ses propos .Il est assez éloquent, il sait ce qu’il veut (le pouvoir) pour lui et ses collaborateurs, et ils font tout pour y arriver. Notamment en utilisant aussi cet art qui consiste à noyer le poisson. Son discours est concis, et chaque mot est mesuré avec précision, contrairement à certaines personnalités du régime actuel….

Est-ce que le peuple rwandais est capable d’aller de l’avant sans la mise à plat de l’essentiel du problème ? Sans conditions? Certes tous les crimes ne seront jamais punis en intégralité, mais le chemin n’est-il pas encore long? Comment faire confiance aux bourreaux d’hier sans conditions, sans garantie quant à labonne foi de ces personnes ? Surtout si cette bonne foi est conditionnée par les problèmes avec le régime actuel…

La tentation serait de croire que Mr Kayumba a fait un grand pas en avant. Je ne doute pas que ce discours a du lui coûter cher, car c’est la première fois qu’il s’exprime ainsi depuis les premières conférences du RNC. Cependant je rejoins mon confrère J. Bigambo, après les confessions de Mr Th. Rudasingwa: A ces messieurs, il reste des épreuves à passer. Ils doivent d’abord récolter le fruit de leur semence. Car « Imbuto y’umugisha isoromwa ku giti cy’umuruho ».

Clarisse Rugwiro
http://www.jambonews.net
[kp1]Je pense la parie de la justice qui donne place aux victimes passe aussi par cette justice institutionnelle dont l’Etat est le garant. On peut demander que la vérité soit dite au public (et aux victimes donc) mais mais la justice en tant que telle ne peut pas qd même se faire sur Skype!)

[kp2]C’est des questions qui se poseraient à cette éventuelle négociation! et, aussi ces questions sont valables pour tous las impliqués qlq soit leurs camps)

Author: Clarisse Rugwiro


Source: Jambonews.net, du 16/06/2011