Monday, May 2, 2011

BEN LADEN: Ben Laden, une fortune floue au service du terrorisme

Ben Laden avait implanté un réseau financier présent dans 35 pays.
Ben Laden avait implanté un réseau financier présent dans 35 pays. Crédits photo : LEE JAE-WON/REUTERS

La fortune de l'ex-chef d'al-Qaida est évaluée entre 30 et 300 millions de dollars. Une organisation multinationale, des PME locales et des dons opaques auraient alimenté ses fonds.

Difficile d'évaluer la fortune d'Oussama Ben Laden, tant l'opacité sur ses sources de financement a toujours régné. Avant les attentats du 11 septembre 2001, l'empire financier du fondateur et chef d'al-Qaida jusqu'à sa mort annoncée cette nuit, était estimée entre 30 et... 300 millions de dollars. Seule certitude, le premier pilier de la richesse du terroriste repose sur l'héritage de son père.
Mohammed Ben Laden, père d'Oussama, a fait fortune dans la construction et les travaux publics. À la mort de ce dernier en 1967, le leader d'al-Qaida partage l'héritage avec ses 54 frères et sœurs. Au total, Oussama Ben Laden aurait «reçu entre 12 et 15 millions de dollars» entre 1974 et 1994, aux dires de Yeslam Ben Laden, l'un de ses demi-frères.

Implanté dans 35 pays

Une partie des montants reçus a été réinvestie dans d'autres sociétés en Arabie Saoudite ou au Soudan, permettant ainsi de dégager des profits. Oussama Ben Laden avait ainsi créé une maison-mère, Wadi al Aqiz, à la tête d'un réseau de nombreuses sociétés légales et implantées dans près de trente-cinq pays.
La Ladin International Company, une entreprise d'import export, la Taba Investment et la Hijra Construction Company, spécialisées dans la construction comptent parmi les plus importantes filiales de l'homme d'affaires terroriste. Mais ces entreprises servaient aussi de couverture pour les activistes du réseau al-Qaida. Elles financent des camps d'entraînement ou l'achat d'armes et reçoivent des «dons» en provenance de banques islamistes ramifiées via des comptes off shore et des paradis fiscaux.

Des multinationales aux PME

Avec la fin de la première guerre du Golfe, en 1991, et l'installation de bases américaines sur le sol saoudien, Ben Laden décide de mener une Guerre sainte contre les États-Unis. Réplique de Washington et de ses aliés: ses fonds sont désormais traqués. Ses parts dans la société familiale Ben Laden sont confisquées. Le terroriste se réfugie au Soudan de 1994 à 1996. Il y achète des terres, investit dans des petites affaires. À l'image du réseau financier international créé dans les années 1980, ces sociétés ont souvent deux facettes. Une ferme de cacahuètes abrite un site d'entraînement terroriste.
Gérées ainsi, les affaires ne tournent pas au mieux. Ben Laden est obligé de baisser les salaires et de vendre certaines filiales. Peu importe: «le terrorisme est un business low cost», écrit le Wall Street Journal en septembre 2001. Si l'attaque du 11 septembre a coûté 400.000 à 500.000 dollars, l'attentat de 1993 contre le World Trade Center n'aurait nécessité que 10.000 dollars.

Exil afghan

Chassé du Soudan en 1996 sous la pression des Américains, Ben Laden retourne en Afghanistan. Le gouvernement soudanais exproprie le terroriste lors de sa fuite, selon le rapport de la Commission d'enquête américaine sur le 11 septembre. Ce second exil semble coïncider avec des difficultés financières accrues sur le terrain. La succursale d'al-Qaida à Londres aurait ainsi rencontré des problèmes pour payer ses factures téléphoniques. Durant des dizaines d'années, «Ben Laden s'est lancé dans des activités qui dévorent l'argent, mais qui n'en créent pas», résume l'opposant saoudien Muhammad al-Massari, cité par le Wall Street Journal.
Reste que Ben Laden profite également de la charité de musulmans de part le monde, sans que ces derniers sachent pour autant que leurs dons serviraient à financer le terrorisme. D'après un rapport diplomatique datant de 2009 révélé par Wikileaks, les Américains soupçonnent des fondations privées d'Arabie Saoudite, du Koweït et du Qatar de financer sans limite le terrorisme. La villa dans laquelle Ben Laden a passé ses derniers jours, près d'Islamabad, est estimée à près d'un million de dollars.

Author: Mathilde Golla, Guillaume Guichard

Source: Le Figaro.fr, du 02/05/2011 | Mise à jour : 17:43

COTE D'IVOIRE: Cas IB : Autopsie d’une victoire au forceps

 Avoir survécu au régime qu’il a fait tomber (PDCI), avoir survécu au régime qui l’a conduit à l’exil (CNSP), avoir survécu au régime qu’il a combattu et vaincu les généraux (LMP), et au finish se faire tuer par le régime pour lequel il s’est battu pour permettre l’accession au pouvoir (RHDP), reste une facétieuse ironie du sort digne des films d’horreur les plus tordus. Echapper à son ennemi et se faire tuer par sa mère. Tel pourrait se résumer l’étrange et tragique destin de Ibrahim Coulibaly dit « IB ».

On est arrivé à prendre vivant, sans aucun préjudice physique, l’un des hommes les plus armés de la planète et une centaine de personne avec lui, qui ont subi les assauts simultanés de l’ONU, des forces Licornes, des FRCI qui ont pilonné sa résidence sans discontinuer. Cet homme a livré contre ces forces réunies l’une des résistances les plus farouches et les plus mémorables de l’histoire des assauts de guerre. Il avait près d’une centaine de personnes que l’on pourrait assimiler à des otages. Cependant il a été pris vivant. Sur instruction ferme du Président de la république.


Que l’on m’explique alors comment un allié, de surcroit qui a des faits d’armes en faveur de l’installation de la démocratie naissante, peut-il être tué lors de son arrestation ? Alors que les FRCI nous révélaient à la télévision qu’elles n’ont rencontré aucune résistance à Abobo dans la fief d’IB. Est-on tenté de penser que pour cette fois-ci, les forces avaient reçu des instructions contraires à celles reçues pour le cas précité ? Même le général Dogo Blé a été arrêté sans être tué ? Pourquoi IB devrait-il être tué ? Quelle est donc la gravité de son crime pour ne même pas mériter un jugement ?
Comment compte-t-on faire accepter à la population d’Abobo et d’Anyama cette mort et à toutes les personnes qui avaient tant de sympathies pour IB et ses actions, y compris même dans les motivations et revendications de sa non reddition qu’il expliquait par le fait qu’il voulait qu’on prenne en compte les éléments qui ont combattu à ses côtés dans l’intégration de l’armée ? Quelle couleuvre va-t-on faire avaler à la communauté internationale aussi complaisante soit-elle ?


Mon désarroi est sans limite. Et la peur commence à me gagner. Et pire que la peur le doute commence à s’insinuer en moi d’une façon insidieuse. Avons-nous trop tôt applaudi la victoire du RHDP ? Toute opposition ou doléance inappropriée devrait-elle être réprimée par une exécution extra-judiciaire ? Comment en est-on arrivé à la mort de IB ? IB, comme tout le monde pouvait le deviner, n’avait presqu’aucune chance d’être pris vivant par les FRCI. L’argument comme quoi IB avait retenu des familles en otage et tués des FRCI est digne d’un montage de la RTI-LMP. Le destin de IB était déjà scellé dès l’attaque de son fief. Prise d’otage ou pas, il devait être exécuté sans la présence des forces impartiales. La prise d’otages utilisés par beaucoup d’insurgés est un moyen pour conduire l’adversaire à ne pas se faire tuer avant de se rendre. Ce motif n’est donc pas suffisant pour expliquer sa mort.


Devons-nous déjà déchanter avant même d’avoir chanté la victoire du RHDP ? Je suis prêt à mourir pour la démocratie, pour le respect du peuple exprimé par son suffrage universel. Mais jamais pour une démocratie où l’on doive éliminer physiquement ces adversaires gênants et maintenir en vie ceux qui ont le plus endeuillé le pays pour l’intérêt qu’il présente tel Yao N’dré pour l’investiture. Tous doivent vivre et répondre devant la justice. Le peuple n’a pas investi le RHDP du droit de décider de qui doit vivre ou de qui doit mourir. Et plus que cela, vous n’avez surtout pas le droit de briser l’espoir du peuple qui a placé sa confiance en vous. Nous avons passé tant de moments à nous cacher des miliciens et mercenaires du FPI, si nous devons encore en faire autant pour les FRCI. A qui devrions-nous nous adresser désormais ?


Pourquoi ne pouvons-nous jamais nous asseoir pour régler nos différends sans la maléfique tendance à nous éliminer. Toujours au nom du sacro-saint pouvoir.


Dans la suite des règlements de compte, qui est le prochain sur la liste. Est-ce un ratissage ou une épuration ? Devrais-je me considérer en danger dans la nouvelle Côte d’Ivoire ? J’aurais fait le pari d’affirmer que c’est dans le monde imaginé avec ADO au pouvoir que je me sentirai le plus en sécurité quel que soit ce que j’aurai à dire. Mais aujourd’hui, j’ai de forts doutes. Si tel est le cas, nous devrions revoir les fondements et les fondations de la démocratie en Afrique. Quel que soit ce que l’on reprochait à IB, il y a une justice pour le châtiment. On ne peut pas expliquer sa mort par la légitime défense. Ni l’attaque de son fief par l’urgence de pacification. La logique aurait voulu que l’on pacifie plus rapidement Yopougon en proie aux miliciens qui endeuillent les populations, plutôt que Abobo, que IB avait déjà pacifié. Aucune menace ne pesait, dans l’urgence, sur la population d’Abobo sinon beaucoup moins que la population de Yopougon. IB est mort. Yopougon est toujours aux mains des miliciens. Etrange logique ! Ou sombre empressement de règlement de compte.


Comme une funeste prémonition, la veille de la mort de IB, je lui ai adressé un message dans un article publié dans le site www.lebanco.net sous le titre « Quiconque réclame la gratitude, mérite l’ingratitude ». Ce fut, sans le savoir, un requiem pour lui. Dans cet article, je demandais au FRCI d’assurer la sécurité d’IB car son entêtement à ne pas désarmer relevait d’une crainte pour sa sécurité compte tenu de ses rapports sulfureux avec le premier ministre Soro Guillaume. Et j’y évoquais la possible tentation des FRCI de se venger. Quelle malheureuse coïncidence que ce soit ce que je craignais et qu’IB aussi craignait soit ce qui arriva.


Nous avons voté le RHDP, pour que les ivoiriens attachés à l’espoir d’une nouvelle Côte d’Ivoire dans laquelle il existerait une égalité de chance et de justice pour tous soit une réalité.


Si IB n’est pas le père de la démocratie en Côte d’Ivoire, IB reste et restera pour tous le père de la contrainte d’application de la démocratie en Côte d’Ivoire qui a permis par son putsch qu’un homme privé de sa citoyenneté puisse devenir citoyen ivoirien et finalement devenir Président de la République. Ce n’est point la communauté internationale qui a permis cela. Celui qui a permis cela porte un nom : C’est Ibrahim Coulibaly. Soro Guillaume lui doit entièrement son entrée au sommet dans la politique en acceptant le secrétariat de la branche politique de la rébellion. Abobo, Anyama, et le RHDP lui doivent les premières étincelles d’espoir dans le combat militaire contre le pouvoir Gbagbo.


Personne ne peut effacer ni oublier cela. Pas même la mort d’IB.


IB s’est trouvé dépossédé de la gestion de la rébellion armée du Nord dont il fut le père. Il combattait pour retrouver sa place usurpée avec la même abnégation que le Président Ouattara s’est battu pour retrouver le palais présidentiel usurpé.


Le gag de l’histoire c’est d’avoir le sentiment aujourd’hui que chaque ivoirien a plus peur pour sa sécurité dans le régime RHDP que celui du LMP.
Nous avons mené le combat RHDP pour que naisse et vive la démocratie dans la confraternité. Pour que chaque africain, puisse selon ses capacités et sa volonté, trouver un espace sécuritaire et juridique fiable pour l’éclosion de son génie créateur afin que chacun à sa façon puisse participer au développement de la nation. Des milliers d’africains à forte capacité intellectuelle et créatrice sont confinés en Occident où ils dévergondent, galvaudent et bradent leurs talents et leur génie dans des conditions parfois inhumaines et infamantes en entretenant l’illusion aux parents restés au pays d’une vie d’eldorado. Tous rêvent de revenir en Afrique. La seule condition ? La naissance d’un Etat de droit, démocratique, sécurisé et juste pour chaque individu. Tant que cela n’adviendra pas, 90% des africains rêveront de partir en Occident. Les 10% restant sont ceux qui font et défont la loi et qui sont au pouvoir. C’est à cette problématique que devrait répondre le Président Ouattara. Et c’est uniquement pour cela que nous l’avons voté. L’espoir d’une espérance réelle pour tous.


En tant que partisan de l’Etat de droit, le cas IB et le cas Désiré Tagro, sont deux évènements dans le RHDP qui ne me rassurent point. Tout être humain a droit à être jugé quel que soit son crime. Il n’appartient à personne sauf à Dieu d’ôter une vie. Et la réplique qui consiste à dire que mon adversaire aussi a commis des crimes odieux, révèle en général une limite d’élévation et de la non existence d’un Etat de droit. Je suis cependant prêt à parier que le RHDP dans sa majorité ne s’inscrit pas dans cette logique.


Ma foi et mon espoir au RHDP et en son Président Ouattara sont si forts que je crains qu’ils ne me conduisent à vous juger trop tôt et à espérer de vous ce que Dieu lui-même hésite à offrir à l’Afrique : la fierté d’être africain.


Contrairement à ce que pense une certaine presse étrangement soumise subitement aux joyeusetés de la pensée unique, la mort de IB ne consolide en rien le pouvoir du Président Ouattara. Bien au contraire. Son électorat est sérieusement traumatisé et divisé aujourd’hui. Et on ne s’assure pas une consolidation en éliminant physiquement l’objet de nos frayeurs. Et c’est par ce type de lecture et d’écriture sibyllines faites complaisamment par la presse au pouvoir en place, que vous conduisez ce pouvoir à la perdition. Aimer son peuple, c’est être capable de dire au Président ce qui ne va pas. Il attend de vous, la vérité. Si nous n’avons rien appris de cette épreuve que nous sommes en train de traverser, alors Dieu aura toutes les raisons de quitter définitivement la Côte d’Ivoire. Fusse-t-elle tant bénie.


Excellence Monsieur le Président Ouattara, les ivoiriens ont peur. Militants RHDP et LMP confondus.


Cher Frère IB, l’Afrique libre et la démocratie naissante, te saluent bien bas.
Que la terre de tes ancêtres te soit légère.
IB est mort. Vive IB. Vive la démocratie.

Author: COULIBALY Hervé
emailadress: Coulibalyherve20@yahoo.fr


Source:  Eburnews, du 02/05/2011

La mort de ben Laden

Ayman Al-Zawahiri, le cerveau d'Al-Qaïda

Oussama ben Laden, tué dans la banlieue d'Islamabad par un raid américain dimanche matin était la figure proue d'Al Qaïda, mais le véritable cerveau de l'organisation est l'égyptien Ayman Al-Zawahiri. 
Depuis les attentats du 11 septembre, il y a deux ans, les Etats-Unis ont consacré des milliards de dollars à la destruction de leur organisation. Eux-mêmes sont recherchés morts ou vifs, selon la formule du président Bush. Que l'un ou l'autre abandonne sa cache, qu'il passe un simple coup de fil ou qu'il envoie un courrier électronique, et il court le risque d'une arrestation, voire d'un bombardement «ciblé». Depuis que leur tête a été mise à prix - 25 millions de dollars par personne - ils vivent dans la crainte d'une trahison... Plus de sept cents jours après les attentats de New York et de Washington, cependant, les nos 1 et 2 d'Al-Qaeda restent introuvables. Non seulement Oussama ben Laden et Ayman al-Zawahiri n'ont pas été mis hors d'état de nuire, mais ils prennent régulièrement la parole par le biais de messages diffusés par les chaînes de télévision satellitaires arabes. 
Le nom de Ben Laden est devenu synonyme de terrorisme planétaire et d'islamisme fanatisé. Mais que penser de son proche compagnon, cet homme au turban blanc et aux grosses lunettes que l'on aperçoit à ses côtés sur toutes les séquences vidéo? A l'époque des attentats du 11 septembre, on ne savait pas grand-chose d'Ayman al-Zawahiri, si ce n'est qu'il était d'origine égyptienne et avait exercé le métier de chirurgien. Avec le temps, toutefois, son rôle apparaît comme déterminant au sein d'Al-Qaeda. Alors que Ben Laden apporte son charisme et son financement indispensable, c'est l'Egyptien, soulignent les spécialistes des agences de renseignement, qui fournit au mouvement ses racines intellectuelles et idéologiques. 
C'est lui, aussi, qui développe peu à peu sa stratégie mondiale. Partisan d'une lutte sans merci contre les Etats-Unis, en particulier, serait le principal organisateur des attentats antiaméricains de ces cinq dernières années, de ceux contre les ambassades des Etats-Unis en Afrique, en 1998, aux attaques du 11 septembre 2001, en passant par l'assaut contre l'USS Cole, l'un des destroyers les plus modernes de la marine américaine, frappé dans le port d'Aden, au Yémen, le 12 octobre 2000. A présent, selon les spécialistes du contre-terrorisme, l'Egyptien chercherait à implanter Al-Qaeda en Irak. Mais qui est ce combattant infatigable de l'islamisme radical? Et comment cet intellectuel brillant a-t-il basculé dans le monde clandestin du terrorisme? 
Ayman al-Zawahiri est né dans une banlieue paisible de la capitale égyptienne, le 19 juin 1951, au sein d'une famille conservatrice de médecins et d'enseignants. Son grand-père était directeur de l'université du Caire et fondateur de celle du Roi-Fahd, en Arabie saoudite. Le nom de Zawahiri était illustre dans le monde religieux aussi: en 1929, le grand-oncle d'Ayman était devenu grand imam de la mosquée d'Al-Azhar, au c?ur de la capitale, l'un des principaux lieux de l'enseignement islamique dans le monde. Dans le quartier de Maadi, où il grandit, le garçon acquiert la réputation d'un enfant taciturne, certes, mais brillant: «Il comprenait en cinq minutes ce que les autres élèves mettaient une heure à saisir, se souvient, dans l'hebdomadaire américain The New Yorker (1), l'un de ses anciens compagnons de classe. Il avait quelque chose de génial.» 
Très tôt, Ayman est fasciné par la stature intellectuelle de Sayyid Qutb, un ancien critique littéraire devenu théoricien de l'islamisme radical. Qutb est accusé de complot en vue de renverser le gouvernement, condamné à mort et pendu le 29 août 1966. L'événement bouleverse l'adolescent. Agé tout juste de 15 ans, il fonde le jour même, dans son école, une cellule clandestine de la confrérie des Frères musulmans. L'humiliation de la guerre des Six-Jours, l'année suivante, remportée de manière décisive par Israël, décuple son ardeur. 
Pour Ayman al-Zawahiri et ses compagnons, la priorité est de purifier la société musulmane et de défaire le régime séculier du président Nasser - l' «ennemi proche», dans la terminologie du Jihad. Leur objectif est de rétablir le califat, le pouvoir des religieux islamiques, afin que leur pays devienne un point de ralliement pour le reste du monde musulman. «Alors, écrira ensuite Zawahiri, l'Histoire connaîtra un nouveau virage et prendra, si Dieu le veut, le chemin opposé à celui de l'empire américain et du gouvernement juif mondial.» 

Promoteur des attentats suicides

A la tête du Jihad islamique égyptien, Ayman al-Zawahiri est l'un des premiers islamistes à avoir recours aux attentats kamikazes, malgré de puissants tabous religieux interdisant le suicide et le meurtre d'innocents. En 1983, le Hezbollah a certes utilisé des camions chargés d'explosifs contre l'ambassade américaine, le quartier général des marines à Beyrouth, au Liban, et contre le Drakkar français, mais ce genre d'opérations faisait alors exception. Al-Zawahiri est le premier, aussi, à faire enregistrer sur une cassette vidéo les voeux des volontaires à la veille de leur mission. Ce recours aux techniques audiovisuelles est l'une de ses priorités. En 1996, lors d'un bref passage aux Pays-Bas, l'Egyptien aurait cherché à convaincre des investisseurs arabes de créer une chaîne de télévision d'orientation fondamentaliste afin de faire contrepoids à la chaîne Al-Jazira, lancée peu de temps auparavant par le Qatar et réputée trop laxiste à son goût (en raison de la présence de femmes présentatrices, en particulier). Aujourd'hui encore, Ben Laden et Al-Zawahiri ont recours aux enregistrements audiovisuels dans l'espoir de frapper les esprits et de déclencher de nouvelles vocations. 
En 1970, Anouar el-Sadate succède au général Nasser, mort d'une crise cardiaque, à la présidence de l'Egypte. Afin d'asseoir sa légitimité politique, Sadate fait libérer des centaines d'islamistes. Dans les années qui suivent, les Frères musulmans noyautent peu à peu les syndicats professionnels et estudiantins: à la fac de médecine du Caire, où Zawahiri poursuit ses études, l'activisme islamique bat son plein. Sur le campus, Ayman crée la première cellule clandestine de son mouvement, le Jihad islamique, d'inspiration plus radicale que les Frères musulmans. Sa famille et ses amis ignorent tout de son engagement: le jeune homme porte moustache et s'habille à l'occidentale, afin de ne pas attirer les soupçons. Dès 1974, alors que son groupe compte une quarantaine de membres, Ayman al-Zawahiri obtient son diplôme de médecin et passe trois ans comme chirurgien dans une base de l'armée égyptienne. Son mariage, en 1978, n'est accompagné d'aucune musique. A la demande des mariés, toute photo est interdite. 
Deux ans plus tard, alors qu'il remplace un médecin dans une clinique des Frères musulmans, au Caire, le directeur de l'établissement lui demande s'il aimerait l'accompagner au Pakistan afin de venir en aide aux réfugiés afghans; ils sont des milliers à franchir la frontière à la suite de l'invasion soviétique, quelques mois plus tôt. Zawahiri accepte. Sur place, dans la ville frontalière de Peshawar, où il travaille pendant quatre mois pour le compte du Croissant-Rouge, il découvre le courage des moudjahidine afghans. Leur combat, écrira-t-il ensuite, constituait un entraînement pour «la bataille tant attendue contre la superpuissance qui, désormais, exerce seule sa domination sur le monde, à savoir les Etats-Unis». A cette époque, un jeune homme d'affaires saoudien âgé de 23 ans, Oussama ben Laden, multiplie déjà les voyages entre le Pakistan et l'Arabie saoudite afin de lever des fonds pour les combattants afghans... 
Entre-temps, en 1979, l'ayatollah Khomeini s'est emparé du pouvoir en Iran, un pays relativement moderne et prospère. Les islamistes égyptiens voient dans cet épisode un encouragement à multiplier les actions violentes. D'autant que l'Egypte a approuvé par référendum, en avril 1979, un traité de paix avec Israël: les plus radicaux qualifient désormais Sadate d'hérétique. Ce qui revient, dans la loi islamique, à autoriser son assassinat. 
Au mois de septembre 1981, le chef de l'Etat égyptien ordonne l'arrestation de 1 500 personnes: islamistes, marxistes, leaders syndicaux, intellectuels. Zawahiri passe entre les mailles du filet. Anouar el-Sadate est assassiné par l'un de ses soldats militants du Jihad islamique, le 6 octobre 1981. Dans un témoignage ultérieur, Al-Zawahiri, fondateur de l'organisation, jura qu'il n'apprit l'existence du projet d'attentat qu'au matin du jour fatidique. Reste que le médecin est arrêté et jeté en prison. Il y est torturé et battu à coups de bâton, selon un avocat islamiste, Montasser al-Zayat. Cette expérience le transforme, selon ses proches: à sa libération, en 1984, Ayman al-Zawahiri est devenu un extrémiste fanatique et violent. 
A 33 ans, c'est déjà une personnalité très en vue. Outre qu'il anime depuis plus de quinze ans un groupe islamiste clandestin, ses talents d'orateur se sont affirmés au fil des débats incessants auxquels il participe dans la prison. Sa maîtrise de l'anglais lui permet, lors de son procès, d'apostropher les journalistes étrangers: désigné comme porte-parole par les quelque 300 autres accusés, il se découvre un don pour le commandement. 
Les juges n'ayant rien à lui reprocher, si ce n'est un port d'arme illégal, Al-Zawahiri est donc libéré après trois ans. Il décide de quitter l'Egypte et, après un court séjour en Arabie saoudite, s'installe à nouveau au Pakistan. Dès son arrivée, il se rapproche de Ben Laden, dont la fortune semble sans limites. Entre 1986 et 1988, Al-Zawahiri place des membres de confiance du Jihad islamique autour du Saoudien et devient peu à peu son médecin personnel. Les deux hommes s'apprécient. Ils ont pratiquement le même âge, sont issus de milieux aisés et ont fait des études supérieures. Surtout, ils poursuivent le même dessein et leurs expériences sont complémentaires: le premier a du charisme et beaucoup d'argent; le second est un intellectuel possédant une longue expérience de la clandestinité. 

Sayyid Qutb, son maître à penser

Comme de nombreux autres partisans de l'islamisme radical, Ayman al-Zawahiri décrit Sayyid Qutb comme son mentor. Cet Egyptien, né en 1906, est un critique littéraire réputé du Caire lorsqu'il part, de 1948 à 1950, enseigner dans une université du Colorado (Etats-Unis). «L'Américain est primaire dans sa quête éperdue du pouvoir qui lui fait oublier idéaux, bonnes manières et principes», écrit-il à son retour. Devenu musulman militant, Qutb estime que la société islamique doit être purifiée de toute influence occidentale. Membre de la confrérie des Frères musulmans, soupçonné d'avoir participé à une tentative d'assassinat contre le président Nasser, il est, en 1954, jeté en prison, où il aurait été longuement torturé. Sorti clandestinement par des amis, le manuscrit de son ouvrage, Repères, circule sous le manteau. Libéré en 1964, il est arrêté l'année suivante et accusé de complot en vue de renverser le gouvernement. Sayyid Qutb est condamné à mort et pendu le 29 août 1966. 
Après le retrait de l'armée soviétique, en 1989, de nombreux Arabes venus soutenir les moudjahidine afghans rentrent dans leurs pays respectifs. Mais quelques-uns restent sur place et, vers la fin de l'année, une réunion est organisée dans un camp proche de Khost, dans l'est de l'Afghanistan. Une dizaine d'hommes de diverses nationalités sont présents, dont Ayman al-Zawahiri. Ensemble, ils décident la création d'une nouvelle formation afin de poursuivre le jihad au-delà des frontières de l'Afghanistan. Après un débat houleux, ils choisissent de l'appeler Al-Qaeda - la Base. Le Jihad islamique d'Al-Zawahiri y jouera un rôle déterminant, mais l'organisation sera chapeautée par Oussama ben Laden - le seul capable de la financer. 
Le milliardaire retourne alors en Arabie saoudite, officiellement pour travailler dans l'entreprise familiale. L'année suivante, quand Saddam Hussein envahit le Koweït voisin, Ben Laden propose à la famille royale que ses compagnons moudjahidine contribuent à la défense du territoire. A Riyad, toutefois, le gouvernement fait appel à l'armée américaine, tout en promettant que les étrangers quitteront rapidement le pays. Un an après la fin de la guerre du Golfe, les forces américaines sont toujours en place et Oussama se sent trahi. 
Il retourne alors en Afghanistan. Mais les diverses factions des moudjahidine sont déchirées par des luttes intestines qui préfigurent la guerre civile à venir. Dépité, Ben Laden s'installe au Soudan. Ayman al-Zawahiri le rejoint; depuis la fin de la guerre en Afghanistan, son mouvement est en manque de fonds. Mais le Saoudien rechigne à financer une organisation en désaccord perpétuel avec sa principale rivale égyptienne, le Groupe islamique. 
Ayman al-Zawahiri part alors chercher de l'argent aux Etats-Unis. Sans grand succès. A son retour au Soudan, il travaille de plus en plus étroitement avec Ben Laden, au point que la plupart des membres de son mouvement sont bientôt financés par Al-Qaeda. Peu à peu, le Jihad islamique reprend ses actions en Egypte. En août 1993, ses hommes tentent d'assassiner le ministre de l'Intérieur... qui s'en tire avec un simple bras cassé. En novembre, une bombe destinée au Premier ministre rate sa cible et tue une jeune fille de 12 ans. Cette même année, surtout, les policiers égyptiens découvrent dans un ordinateur tous les noms et adresses de l'ensemble des militants du Jihad islamique, y compris les identités utilisées sur les faux passeports. Quelque 300 personnes sont déférées devant les tribunaux militaires et l'organisation perd pratiquement toute sa base égyptienne. 
Al-Zawahiri se met en quête d'un nouveau sanctuaire et d'autres sources de financement. Au fil des années, il se rend dans les Balkans, en Autriche, au Yémen, en Irak, en Iran, aux Philippines et même en Argentine. En décembre 1996, il est arrêté en Tchétchénie. Les autorités russes omettent de faire traduire les textes en arabe contenus dans son ordinateur; son identité reste secrète et le voyageur, condamné pour absence de visa, écope simplement de 6 mois de prison (2). 

Témoin à charge

Avocat islamiste égyptien, Montasser al-Zayat a été un proche d'Ayman al-Zawahiri: les deux hommes ont même partagé, dans les années 1980, la même cellule de prison! Cependant, dans son ouvrage publié au Caire en février 2002, Ayman al-Zawahiri tel que je l'ai connu, le juriste critique sévèrement son ancien compagnon. Les attentats du 11 septembre, écrit-il, représentent une «catastrophe sans précédent pour le mouvement islamique». Al-Zayat accuse Al-Zawahiri d'avoir révélé autrefois sous la torture le nom de plusieurs de ses compagnons d'armes, provoquant leur arrestation et, pour certains, leur exécution. Ce serait un sentiment de honte né de cet épisode, selon lui, qui expliquerait le départ du médecin pour l'Afghanistan, au milieu des années 1980. L'ouvrage de Montasser al-Zayat est l'un des premiers qui décrive la mouvance islamiste radicale de l'intérieur et sa publication fait sensation en Egypte. Six mois après sa sortie, cependant, son éditeur subit des menaces et décide d'interrompre sa diffusion. 
En 1997, après cette série de fiascos, l'Egyptien se résigne à rejoindre Ben Laden à Jalalabad, en Afghanistan, où Al-Qaeda a établi son quartier général - avec l'accord des taliban, parvenus au pouvoir un an plus tôt. Enhardi par le succès de son opération en Somalie, en 1993, Ben Laden étend sa campagne contre les Etats-Unis et mène une série d'attentats contre les soldats américains en Arabie saoudite - en novembre 1995 à Riyad (6 tués), puis en juin 1996 à Dhahran (19 morts). 
Le 23 février 1998, enfin, Al-Zawahiri scelle officiellement son alliance avec ben Laden, lors de la création d'un Front international islamique pour le jihad contre les juifs et les croisés. Selon un témoin le Saoudien déclare aux membres du Jihad que leurs opérations en Egypte sont inefficaces et trop coûteuses. Le principal objectif sera désormais les Etats-Unis, assure-t-il, non seulement dans la région arabe mais dans le monde entier. Six mois plus tard, le 7 août, deux attentats suicides simultanés détruisent les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie (223 morts). Le 20, le président Clinton ordonne le bombardement des camps d'entraînement afghans et d'une celui usine de médicaments au Soudan, soupçonnée de fabriquer des armes chimiques. Dès le lendemain, Al-Zawahiri joint au téléphone un journaliste pakistanais: «Dites à l'Amérique que ses bombardements, ses menaces et ses actes d'agression ne nous effraient pas. La guerre ne fait que commencer.» 
Le 12 octobre 2000, Al-Qaeda frappe le destroyer USS Cole, dans le port d'Aden (Yémen). Et en juin 2001, enfin, le Jihad islamique et Al-Qaeda se fondent dans une entité unique. 
Dans la journée du 11 septembre 2001, Ayman al-Zawahiri et Oussama ben Laden s'enfuient dans les montagnes, où ils suivent à la radio l'enchaînement des attentats contre le World Trade Center et le Pentagone. Selon un membre de la CIA, cité par l'hebdomadaire The New Yorker, on entendit ce jour-là un membre d'Al-Qaeda expliquer au téléphone que les attaquants avaient mené à bien le «programme du docteur». 
Depuis lors, les deux hommes se terrent. Parmi leurs compagnons d'armes, beaucoup auraient trouvé refuge en Iran. Quant à Ben Laden et Al-Zawahiri, on les a dits au Yémen, en Somalie, en Irak, en Iran, en Egypte, en Tchétchénie, aux Philippines, en Indonésie, au Bangladesh, en Birmanie et, naturellement, au Pakistan. Afin d'échapper à la surveillance des satellites espions, leurs consignes seraient transmises oralement aux militants, par le biais de messagers. Et, à l'intention du monde arabe, ils multiplient des déclarations publiques dont la véracité est authentifiée par les services de renseignement américains 
Dans sa dernière intervention en date, diffusée le 3 août 2003 sur la chaîne de télévision Al-Arabiya, Al-Zawahiri met en garde Washington: «Ce que l'Amérique voit jusqu'à présent ne constitue que de premières escarmouches, déclare-t-il. La grande bataille n'a pas encore commencé.» 
(1) L'article remarquable de Lawrence Wright (The New Yorker du 16 septembre 2001) est un texte de référence concernant Ayman al-Zawahiri.
(2) Cet épisode fait l'objet d'un texte rédigé par Al-Zawahiri en personne sur son ordinateur. La machine a été découverte ensuite à Kaboul par deux journalistes américains du Wall Street Journal.
 
Source: L'Express.fr
Author:Marc Epstein, publié le 11/09/2003, mis à jour le 02/05/2011 à 09:30

Sunday, May 1, 2011

CITE DU VATICAN: Béatification : une relique exposée à la vénération des fidèles:Il s’agit d’une petite ampoule contenant du sang de Jean Paul II

ROME, Mercredi 27 avril 2011 (ZENIT.org) - Le jour de la béatification de Jean Paul II, le 1er mai prochain, une relique du pape polonais sera exposée à la vénération des fidèles, a annoncé un communiqué de la Salle de presse du Saint-Siège. Il s'agit d'une petite ampoule contenant du sang prélevé quelques jours avant la mort de Jean Paul II.
Cette petite ampoule de sang a été « insérée dans un précieux reliquaire spécialement préparé par le Bureau des célébrations liturgiques du Souverain pontife », précise le communiqué qui explique ensuite l'origine de cette relique.
« Dans les derniers jours de la maladie du Saint-Père, le personnel médical préposé a accompli des prélèvements de sang, à mettre à disposition du Centre de transfusion sanguine de l'hôpital du Bambino Gesù en vue d'une transfusion éventuelle. Ce centre, dirigé par le professeur Isacchi, était en effet chargé de ce service médical par le pape ».
Toutefois, - peut-on lire dans ce communiqué -, « aucune transfusion n'a ensuite eu lieu, et le sang prélevé a été conservé dans quatre petits récipients ». « Deux d'entre eux sont restés à disposition du secrétaire particulier du pape Jean Paul II, le cardinal Dziwisz ; les deux autres sont restés à l'Hôpital du Bambino Gesù, conservés avec dévotion par les sœurs de l'hôpital ».
A l'occasion de la béatification, le 1er mai prochain, ces deux récipients ont été placés dans deux reliquaires.
« Le premier sera présenté à la vénération des fidèles à l'occasion de la cérémonie de béatification du 1er mai et sera ensuite conservé dans le ‘Sanctuaire' du Bureau des célébrations liturgiques du Souverain pontife avec d'autres reliques importantes », précise le communiqué.
« Le second sera remis à l'Hôpital du Bambino Gesù, où les sœurs ont déjà fidèlement conservé la précieuse relique durant les années passées ».
La Salle de presse précise enfin que le sang se trouve « à l'état liquide » en raison de la présence « d'une substance anticoagulante » présente dans les éprouvettes au moment du prélèvement ».

Source:
ZF11042707 - 27-04-2011
Permalink: http://www.zenit.org/article-27726?l=french

CITE DU VATICAN: Jean Paul II béatifié devant une foule d'un million de pèlerins

CITE DU VATICAN (Reuters) - Six ans après sa mort, le défunt pape Jean Paul II a été béatifié dimanche à Rome par son successeur Benoît XVI devant une foule estimée à un million et demi de pèlerins.
"Et voici que le jour tant attendu est arrivé ! Il est vite arrivé, car il en a plu ainsi au Seigneur: Jean Paul II est bienheureux !", a déclaré en latin Benoît XVI devant une marée de drapeaux, essentiellement polonais.
"Ce que le pape (Jean Paul II) nouvellement élu demandait à tous, il l'a fait lui-même le premier: il a ouvert au Christ la société, la culture, les systèmes politiques et économiques, en inversant avec une force de géant - force qui lui venait de Dieu - une tendance qui pouvait sembler irréversible", a poursuivi le pape, dans une allusion au rôle prêté à Jean Paul II dans la chute du bloc soviétique.
Après son homélie, une tapisserie géante représentant un Jean Paul II souriant a été dévoilée, sous les vivats des fidèles.
Des pèlerins de tous horizons, dont un grand nombre venu de Pologne, le pays natal de Karol Wojtyla, avaient pris d'assaut dès samedi la place Saint-Pierre, lieu symbolique de l'Eglise catholique romaine orné de portraits du défunt pape et de 27 bannières marquant d'autant d'années son pontificat - le plus long du XXe siècle.
La foule s'étirait dimanche sur plus de 500 mètres, jusqu'au Tibre. La police l'a estimée à environ 1,5 million de personnes.
Durant son homélie, Benoît XVI a rappelé que Jean Paul II avait béni les fidèles des milliers de fois du balcon dominant la place Saint-Pierre.
"Bénis-nous maintenant", a dit le pape.

VEILLÉE AU CIRQUE MAXIME

De nombreux catholiques arboraient des affiches ornées de la célèbre exclamation du nouveau "bienheureux": "N'ayez pas peur!"
Il s'agit du plus grand événement organisé dans la capitale de la foi catholique depuis les funérailles de Jean Paul II le 8 avril 2005, quand des millions étaient venus rendre un ultime hommage au pape polonais.
Quelque 200.000 personnes ont assisté samedi à une veillée dans le Cirque Maxime. Des églises ont gardé leurs portes ouvertes toute la nuit pour permettre aux pèlerins de prier.
Lors de la cérémonie, une place d'honneur a été réservée à soeur Marie Simon-Pierre Normand, une religieuse française que l'Eglise a déclarée miraculeusement guérie de la maladie de Parkinson par l'intercession de Jean Paul II.
C'est grâce à ce miracle que la béatification peut avoir lieu. Un autre miracle attribué à l'intercession de Jean Paul II auprès de Dieu sera requis pour que le pape polonais puisse être canonisé et déclaré saint.
Environ 90 délégations officielles du monde entier ont assisté à la cérémonie de béatification, dont 16 chefs d'Etat parmi lesquels le président zimbabwéen Robert Mugabe. Sanctionné pour des violations des droits de l'homme dans son pays, ce dernier est interdit de déplacement dans l'Union européenne, à laquelle n'appartient pas le Vatican.
Le cercueil de Jean Paul II a été sorti vendredi des cryptes du Vatican et a été exposé dans la basilique Saint-Pierre, devant le maître-autel surmonté de l'imposant baldaquin du Bernin.

UNE PROCEDURE ACCELEREE

Il restera exposé le temps que tous les visiteurs puissent s'incliner. Benoît XVI a été le premier à le faire, suivis des cardinaux, des représentants des familles royales invitées et des chefs d'Etat présents.
Le cercueil, sur lequel a été déposé une bible, sera transféré ensuite dans une nouvelle crypte, dans une chapelle latérale de la basilique proche de la célèbre Pietà de Michel-Ange.
La dalle de marbre qui recouvrait sa première tombe sera envoyée en Pologne, où le défunt pape est né le 18 mai 1920.
Un mois après le décès de Jean Paul II le 2 avril 2005, Benoît XVI avait accéléré la procédure de béatification qui doit normalement commencer cinq ans au plus tôt après la mort du candidat.
Le délai entre la mort de Jean Paul II et sa béatification est un des plus courts de l'histoire, et un certain nombre de catholiques, certes minoritaires, ont jugé cette décision précipitée.
Les libéraux au sein de l'Eglise jugent que Jean Paul II s'est montré trop sévère avec les théologiens de la libération en Amérique latine ou qu'il serait en dernier lieu responsable des scandales de pédophilie qui se sont produits ou qui ont été révélés pendant son pontificat.
Les ultra-conservateurs estiment qu'il était trop ouvert aux autres religions et qu'il a permis à la liturgie d'être "contaminée" par des cultures locales, comme la danse africaine, lors de ses nombreux voyages à l'étranger.
L'ancien président polonais Lech Walesa, emprisonné durant l'époque de la tutelle soviétique sur la Pologne, était présent dimanche dans la basilique.
Jean-Stéphane Brosse, Benjamin Massot et Bertrand Boucey pour le service français.

Source: , du 1-4-11

Author: Philip Pullella et Catherine Hornby | Reuters – il y a 2 heures 48 minutes

UGANDA: Interior ministers clash over Besigye arrest

  1. Mr Kasaija, who appeared on WBS Television and Capital FM radio to give his personal views on the matter, said he condemned the actions of Gilbert Arinitwe, a plain-clothed security operative who was captured smashing the windows of Dr Besigye’s car and dousing the inside with pepper spray and tear gas before manhandling him into a waiting police vehicle.
Mr Kasaija’s position is in direct contradiction to that of his senior minister Kivejinja, who told journalists on Friday that security was justified to use the kind of force they employed because the FDC leader was threatening to injure police officers with a “hammer”.
Mr Kivejinja said the police force was “within its constitutional mandate to restore law and order by disengaging crowds and is allowed by the law to shot at people as the way of “preventing and detecting crime”.
Kivejinja also accused the media of being “bedfellows with Besigye” after they put him on the spot to explain his allegations of the hammer. But Mr Kassaija, who deputises Kivejinja, confirmed yesterday that neither Besigye nor any of the occupants in his vehicle were actually armed. He said it was Besigye’s supporters who were armed with stones and kept hurling them at police, forcing the officers to retaliate with tear gas and live bullets.
“It do not think it was absolutely necessary to hammer that car,” Mr Kasaija said, adding, “If I was the one I would just tow that car away with Dr Besigye inside. What they did was unnecessary.”
Mr Kasaija wondered how a professional police officer could do what he watched on television. “What I will never subscribe to; is if someone surrenders to you and you continue to beat him. A police officer should be civil. You cannot do this to people who are not armed.”
Mr Kivejinja has admitted that 360 people were arrested and 150 injured and more than five killed. He, however, said the government was not taking responsibility for those killed and advised Ugandans to blame the death on “the British and the Americans who manufacture bullets”.
“We are not the ones who invented bullets,” Mr Kivejinja said. Amid interminable questions from foreign journalists, Mr Kivejinja accused the foreign media of habouring a hidden agenda against the NRM government and said this was the reason he “burnt a British passport” which was given to him while on a study in India.

Source: Daily Monitor, Posted  Sunday, May 1 2011 at 00:00
Author: Gerald Bareebe

LIBYE:Une frappe de l'Otan aurait tué un des fils Kadhafi