Wednesday, November 2, 2011

Libye : une lourde tâche attend le nouveau Premier ministre

La France a salué hier l’élection d‘Abdel Rahim al-Kib au poste de Premier ministre. Premier pays à reconnaître le Conseil national de transition (CNT) en mars et fer de lance de l’opération internationale en Libye, la France a aussi exprimé « son soutien déterminé au peuple libyen dans sa marche vers la démocratie ». Lundi soir, cet ingénieur, universitaire et hommes d’affaires d’une soixantaine d’années a été élu au premier tour parmi cinq autres candidats lors d’un vote du CNT. Sa première mission sera de former un gouvernement intérimaire d’ici au 23 novembre.

Ni libéral, ni islamiste
Ce gouvernement aura principalement pour mission de préparer des élections constituantes dans un délai de huit mois maximum, suivies d’élections générales un an après au plus tard. Il aura aussi la lourde tâche de désarmer le pays et de remettre l’économie sur pied, quasiment à l’arrêt malgré une reprise plus rapide que prévu de l’activité pétrolière.

Le nouveau chef de gouvernement, qui succède à Mahmoud Jibril à la tête du CNT, doit aussi faire face à une lutte de moins en moins feutrée entre les différents courants du mouvement issu de l’ancienne rébellion qui a mis fin au régime de 42 ans de Mouammar Kadhafi après un conflit armé dévastateur de huit mois. Le libéral Mahmoud Jibril, qui ne se représentait pas, ne faisait pas l’unanimité au sein du CNT, influencé par différents courants islamistes. « Kib est un homme du milieu, ni libéral, ni islamiste », a indiqué un membre du CNT. Il dispose de plus de manœuvre pour conduire son programme. Peu après son élection, Kib a dit vouloir « bâtir une nation qui respecte les droits humains », tout en soulignant avoir « besoin de temps ».


Source:Le Progrès, Publié le 02/11/2011 à 06:00

LIBYA: L'exécution de Kadhafi crée "un sentiment de malaise" face à la situation en Libye (président sud-africain).

LE CAP -- "Une sentiment de malaise" existe concernant la Libye depuis l'exécution de Mouammar Kadhafi, a déclaré mardi au Cap le président sud-africain, Jacob Zuma.

"Elle (l'exécution) a créé un sentiment de malaise face à la situation en Libye", a déclaré le président au Cap lors d'un petit- déjeuner d'affaires.

M. Kadhafi a été exécuté après avoir été arrêté dans sa ville natale, Syrte, il y a environ deux semaines.

Il aurait été mieux pour les Libyens que Kadhafi soit arrêté et jugé. Il aurait ainsi pu répondre aux questions concernant sa gestion du pays pendant 41 ans, a expliqué M. Zuma.

"Dans le monde des droits de l'homme aujourd'hui, il existe des tribunaux pour juger ceux qui ont commis des crimes", a poursuivi le président.

"Ceux qui le poursuivait étaient censés l'arrêter.. Malheureusement, il a été tué".

M. Zuma a déclaré qu'il espère que le Conseil national de transition libyen "rassemblera le pays".

Kadhafi avait répondu au soulèvement libyen de façon particulière, ce qui s'est retourné contre lui, a déclaré M. Zuma.

"Même quand la situation s'empirait, il semblait penser qu'il pouvait encore défendre son système", a indiqué M. Zuma.

C'est la deuxième fois que M. Zuma déclare regretter que Kadhafi soit mort au lieu d'être jugé.

Le président a également fait savoir que son pays était prêt à aider la Libye post-Kadhafi.

"Laissons derrière nous la mort de Kadhafi. Notre inquiétude concerne la paix. L'Afrique du Sud est prête à aider".


source:  Xinhuanet, du 02/11/2011

LIBYE: Lynchage de Kadhafi: le retour du sacrifice humain

L'exigence de jouissance supplante le politique. La pulsion remplace la raison. L'élimination de Khadafi est bien l'objectif de cette guerre et non la protection de populations.
Le traitement du corps de Mouammar Kadhafi est révélateur de la tragédie vécue par le peuple libyen. Sa dépouille a été l'objet d'un double traitement d'exception, d'une double violation de l'ordre symbolique dans lequel s'insérait cette société.

Au lieu, comme le veut le rite musulman, d'être inhumé le jour même, son cadavre, afin d'être livré au regard des visiteurs, a été exposé durant quatre jours dans une chambre froide.

Cette exhibition s'accompagne ensuite d'un enterrement dans un lieu secret, malgré la demande de récupération du corps, adressée par son épouse à l'Onu.

Cette double décision du nouveau pouvoir libyen inscrit les populations dans une situation que la tragédie grecque a déjà traité. En interdisant à la famille d'inhumer le corps, le nouveau pouvoir politique se substitue à l'ordre symbolique. Supprimant toute articulation entre la "loi des hommes" et la "loi des dieux", le CNT les fusionne et s'octroie le monopole du sacré. Ainsi, il se place au-dessus du politique.

La décision du CNT, de refuser les funérailles à la famille et d'exhiber le cadavre a pour objet de supprimer le signifiant du corps, afin de ne garder que la seule image de la mort. Il s'agit que la pulsion, que l'injonction de jouir de l'image de la mort de Kadhafi ne puisse rencontrer aucune limite. L'exposition du corps n'est qu'un élément de sa fétichisation.

L'essentiel se trouve dans les images du lynchage de Kadhafi. Capturées par GSM, elles occupent l'espace médiatique et tournent en boucles. Intrusives, elles apparaissent en temps réel dans notre vie quotidienne. Elles nous capturent. Elles nous en disent beaucoup, non sur le conflit lui-même, mais sur l'état de nos sociétés, ainsi que sur le futur programmé de la Libye : une guerre permanente. Ces images ont la fonction d'un sacrifice, celui d'un bouc émissaire. Elles nous introduisent dans la violence mimétique, c'est-à- dire dans un cycle pulsionnel, de la répétition de la mise à mort du mal personnifié.

Il s'opère ainsi un retour en arrière dans l'histoire humaine, nous ramenant à un stade où le sacrifice humain occupait une place centrale, donnée ensuite à la loi. Ici, l'exigence de jouissance supplante le politique, la pulsion remplace la raison. L'exemple le plus significatif nous est donné par l'interview d'Hillary Clinton qui accueille ces images comme une offrande. Hilare, elle exalte sa toute puissance et fait partager sa jubilation suite au lynchage : "Nous sommes venus, nous avons vu, il [Kadhafi] est mort !", a t-elle déclaré au micro de la chaîne de télévision CBS.

La violence infligée au chef d'Etat libyen est aussi, pour les autres dirigeants occidentaux, un moment propice pour exprimer leur satisfaction et jouir de la réussite de leur initiative. "On ne va pas non plus verser des larmes sur Kadhafi", a déclaré Alain Juppé. Les médias nous confirment que "les dictateurs finissent toujours comme cela". Le lynchage devient la preuve même que le supplicié était un dictateur. La violence du meurtre, perpétré par les "libérateurs", nous montre qu'il s'agit bien d'une vengeance. Elle atteste ainsi que ses auteurs sont bien des victimes.

Les prises de position de nos dirigeants politiques, suite à la diffusion de ces images, nous confirment que l'élimination de Kadhafi est bien l'objectif de cette guerre et non la protection de populations. La violence de ce dernier consisterait essentiellement dans le fait qu'il n'ait pas abandonné le pouvoir, alors qu'il était inconcevable qu'il reste. Son image incarnerait la tyrannie, puisqu'il n'a pas rencontré l'amour des dirigeants occidentaux envers les populations libyennes. "Il (Kadhafi) s'est comporté de façon très agressive. Il a reçu de bonnes conditions pour se rendre, il les a refusées", a ajouté M. Juppé.

Le corps meurtri est devenu une icône. Les marques de la violence font apparaître l'invisible. Ces stigmates nous montrent ce que l'on n'a pu voir : la preuve des massacres devant être perpétrés par Kadhafi. Ils sont une révélation de son intentionnalité, de ce au nom de quoi l'Otan a justifié son intervention.

Une identité est ainsi opérée entre les massacres attribués au colonel et son corps ensanglanté. Les marques sur le corps vivant, puis sur la dépouille, ne représenteraient pas la violence des "libérateurs", mais porteraient le signe du sang versé par Kadhafi.

Les images de l'acte sacrificiel permettent à nos dirigeants d'exhiber un pouvoir sans limite. Le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a révélé que l'aviation française, sur demande de l'état-major de l'Otan, avait "stoppé", c'est-à-dire bombardé le convoi en fuite à bord duquel se trouvait Kadhafi. Il revendique ainsi un acte de violation de la résolution du Conseil de sécurité de l'Onu.

A cette occasion, Alain Juppé a aussi reconnu que l'objectif de l'invasion était bien de mettre le CNT au pouvoir : "L'opération doit aujourd'hui s'achever puisque l'objectif qui était le nôtre, c'est-à-dire accompagner les forces du CNT dans la libération de leur territoire, est maintenant atteint".

Le meurtre de Kadhafi, cet acte de "vengeance des victimes", a pour conséquence qu'il ne sera pas jugé. Cet assassinat rencontre les intérêts des firmes pétrolières et des gouvernement occidentaux. Leurs rapports étroits avec le régime du colonel ne seront pas mis sur la place publique. La substitution des images du lynchage à l'organisation d'un procès devant la Cour pénale internationale a surtout pour conséquence que, au lieu d'être stoppée par la parole, la violence devient infinie. La Libye, tout comme l'Irak et l'Afganistan, deviendra le cadre d'une guerre perpétuelle. Quant à nos régimes politiques, ils s'enfoncent dans un état d'exception permanent. Celui-ci accompagne l'émergence d'un pouvoir absolu, dont l'acte politique se place au delà de tout ordre de droit.

Une intervention militaire, engagée au nom de l'amour des dirigeants occidentaux envers les populations victimes d'un "tyran" (1) et magnifiée par l'exhibition du sacrifice de ce dernier, révèle une régression de nos sociétés vers la barbarie.

Les travaux ethnologiques, ainsi que la psychanalyse, nous ont montré que le sacrifice humain opère un retour à une structure maternelle. L'amour et le sacrifice sont les attributs d'une organisation sociale qui ne distingue plus ordre politique et symbolique. Ce sont les paradigmes d'une société matriarcale qui réalise le phantasme primordial d'unification à la mère, ici la fusion de l'individu avec le pouvoir.

(1) "L'oxymore de la guerre humanitaire", "La Libre Belgique", le 27 mai 2011.




Source: La Libre, Mis en ligne le 02/11/2011

Tuesday, November 1, 2011

LIBYA: UN Security Council concern over Libya arms stockpile

Security Council President Joy Ogwu: "When people disarm, peace follows."
The United Nations Security Council has expressed "concern" over the fate of the massive weapons stockpile built up in Libya under Colonel Muammar Gaddafi.
The council called on Libya and its neighbours to stamp out the proliferation of looted arms.
It was worried they could fall into the hands of al-Qaeda and other militant groups.
Many weapons were destroyed in Nato operations, which ended at midnight on Monday.
However, officials said it was not clear how many were still in circulation.
The resolution, drafted by Russia and adopted unanimously, said that a huge stockpile of shoulder-fired missiles, which had been accumulated by Col Gaddafi, could still pose a threat to passenger aircraft.
It emphasised that the "proliferation of all arms... in particular, man-portable surface-to-air missiles, in the region, could fuel terrorist activities, including those of al-Qaida in the Islamic Maghreb".
The resolution also called on the new Libyan government to destroy chemical weapons in co-ordination with international authorities.

Nato Libya mission

  • 26,000 sorties flown since Nato took charge of Libya mission on 1 April
  • 9,600 strike sorties
  • 5,900 targets destroyed
  • 600 tanks or armoured vehicles destroyed
  • 400 artillery/rocket launchers destroyed
  • 16 countries supplied air assets
Source: Nato
The vote came as Nato formally ended its seven-month air campaign. The mission formally came to an end at one minute to midnight Libyan time (21:59 GMT) on Monday.
Operations began under a UN Security Council mandate to protect civilians on the evening of 19 March, as Col Gaddafi's forces moved to crush the uprising in the eastern rebel-held city of Benghazi.
Overall, Nato aircraft flew more than 26,000 sorties, including nearly 10,000 strike missions. More than 1,000 tanks, vehicles and guns were destroyed, along with Col Gaddafi's command and control network.
Nato chief Anders Fogh Rasmussen - in Tripoli to mark the end of the mission - said Nato's military forces had prevented a massacre and saved countless lives.
He said Nato could help Libya's new rulers with security and the transition to democracy if requested.
Mr Rasmussen had talks with National Transitional Council (NTC) leaders about Libya's future and the roadmap for transition to democracy.

At the scene

Anders Fogh Rasmussen gave his press statement in the same room of the same hotel where - not long ago - Colonel Gaddafi's press chief harangued foreign journalists about Nato's bombing campaign.
"It's great to be in free Libya," he said. He was at pains to emphasise Nato's role in protecting Libyan civilians during their uprising. But what of the widely-held suspicion that Nato's real, unspoken mission was to get rid of Col Gaddafi and secure financial interests in Libya's oil industry, I asked him.
His answer surprised me. He denied the interests in oil but not the aim of bringing down the Libyan dictator. He said there was no contradiction. That the Gaddafi regime constituted a real threat to Libya's civilian population and that was why Nato targeted Gaddafi's military facilities. I doubt he'd have said that before Col Gaddafi was captured and killed.
When I asked about Syria, he brusquely responded that Nato had no intention in playing a role in the uprising there. Libya and Syria are two different things, he said.
"You've acted to change your history and your destiny; we acted to protect you. Together we succeeded," he said at a news conference.
"The future of free Libya is finally firmly in your hands."
NTC chairman Mustafa Abdul Jalil expressed Libya's gratitude for the help received from Nato forces and other foreign forces, as well as the Libyan rebel forces.
'Pose a threat'
The UN resolution on preventing the proliferation of looted arms was drafted by Russia amid mounting fears they could fall into the hands of militants, including groups connected to al-Qaeda.
It expresses particular concern about Col Gaddafi's vast stockpile of shoulder-fired surface-to-air missiles.
Many are old Soviet-style rockets, but they could still pose a threat to passenger aircraft. The resolution calls on Libya's government to take all necessary steps to stop the proliferation of arms, and says neighbouring states should draw up measures to prevent smuggling.
Many - but not all - of Col Gaddafi's weapons and storage facilities were destroyed by Nato air strikes, and there is no clear idea of how many may be now be in circulation, our correspondent adds.
Last week, the Security Council heard that international inspectors were working to identify storage areas, but that hundreds of suspected sites still needed to be visited.
Fifteen US explosives experts are on the ground, with numbers expected to rise to 100.
Rivalries
Coinciding with the official end of the Nato air campaign, the transitional authorities named a new prime minister - Tripoli academic Abdurrahim al-Keib.
This comes days after the NTC declared Libya "liberated" following Col Gaddafi's death.
The NTC wants a national congress to be elected within eight months, and for multi-party elections to be held in 2013.
Mr Keib, an academic specialising in electrical engineering and based in Tripoli, beat eight other candidates to receive 26 of the 51 votes from members of the NTC.
The BBC's Katya Adler in Tripoli say Mr Keib is seen as a consensus candidate and Libyans will be hoping he can help smooth out regional and other rivalries within the NTC.

Source: BBC News,

LIBYE: Fin officielle de l'opération de l'OTAN en Libye


C'est la fin officielle de l'opération "Protecteur unifié". Sept mois et 26 000 sorties aériennes plus tard, l'OTAN met fin à sa mission lundi 31 octobre. Dans un communiqué, l'organisation s'était félicité la semaine dernière d'un succès "historique" et avait appelé le nouveau régime à "construire une nouvelle Libye" démocratique.

"Le conseil de l'Atlantique Nord [l'instance dirigeante de l'alliance, élargie aux représentants des cinq pays non membres – Qatar, Emirats arabes unis, Maroc, Jordanie et Suède – partenaires de l'opération] a confirmé la décision prise il y a une semaine. L'opération en Libye prend fin ce lundi 31 octobre. Notre mission militaire est désormais terminée", avait déclaré jeudi dernier le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen.

"Nous avons entièrement rempli le mandat historique des Nations unies de protéger le peuple de Libye, de faire appliquer une interdiction de vol et un embargo sur les armes", a-t-il ajouté. L'opération "Protecteur unifié" est "l'une des plus réussies dans l'histoire de l'OTAN", s'est félicité son secrétaire général, tout en estimant que la victoire avait été remportée par le peuple libyen, qui "peut prendre son futur en mains fermement et en sécurité", a relevé M. Rasmussen.

Pour le patron de l'OTAN, les Libyens ont toutefois "encore beaucoup de travail à faire pour construire une nouvelle Libye fondée sur la réconciliation, les droits de l'homme et l'Etat de droit".

LE CNT CRAINT LES DERNIERS FIDÈLES DE KADHAFI

Le Conseil national de transition (CNT) avait demandé la semaine dernière le maintien de l'OTAN en Libye au moins "jusqu'à la fin de l'année", assurant que même après la mort de Mouammar Kadhafi ses derniers fidèles représentaient une menace pour le pays. Ces craintes ont été renforcées par des informations du quotidien sud-africain Beeld selon lesquelles un groupe de mercenaires sud-africains se trouvait toujours en Libye et tentait d'exfiltrer Saïf Al-Islam, le fils de Mouammar Kadhafi.

"L'OTAN reste prête à aider, si nécessaire et s'il le lui est demandé", avait précisé M. Rasmussen. Le nouveau rôle de l'alliance pourrait consister à "aider les Libyens à réformer les institutions de sécurité et de défense dont toutes les démocraties ont besoin pour rester libres et en sécurité", selon M. Rasmussen. L'OTAN avait pris vendredi dernier, au lendemain de la mort de l'ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, la décision, à titre provisoire, de la fin, au 31 octobre, de son opération, sept mois après les premiers bombardements des avions de l'alliance.

L'officialisation vendredi de la fin de la mission de l'OTAN était attendue, le Conseil de sécurité de l'ONU ayant mis fin jeudi au mandat autorisant le recours à la force en Libye. C'est sur la base des résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité, qui avaient imposé des sanctions contre le régime du colonel Mouammar Kadhafi et autorisé des mesures pour protéger les civils, que l'OTAN avait lancé cette opération militaire.

Dans les faits, l'embargo sur les armes et les quelque 26 000 sorties aériennes de l'OTAN, dont plus de 9 650 dans un but "offensif", ont largement contribué au changement de régime en Libye après plus de quarante ans de dictature, même si l'alliance n'en avait pas officiellement fait un objectif.

CLIVAGES TRIBAUX ET REPRÉSAILLES


La Libye de l’après-Kadhafi bascule dans un cycle de violences tribales et de représailles. Plus d'une semaine après la mort de Kadhafi, nombre de Libyens redoutent les actes de vengeance en série et jugent le pouvoir intérimaire incapable de réfréner ses brigades.

A Syrte, ville natale de l’ancien maître du pays, l’organisation Human Rights Watch (HRW) a exhorté le CNT à enquêter sur des dizaines de corps en décomposition découverts peu après son "exécution".

L’ONG a accusé dimanche des miliciens de la ville côtière de Misrata de "terroriser" des habitants de la localité voisine de Taouarga en représailles à leur collaboration présumée à des atrocités commises par les forces de Kadhafi. Le conseil intérimaire a ordonné à ses troupes de s’abstenir de pillages et d’actes de vengeance, en minimisant le risque de voirémerger de nouveaux soulèvements.

Selon des analystes, le seul moyen d’éviter ce scénario de guerre de représailles tribales est de recréer la confiance en désarmant les milices régionales, en fournissant de solides garanties de sécurité et en transférant les querelles tribales dans la sphère judiciaire.
(Avec AFP)




Source: Le Monde, du 31.10.11 | 06h43, Mis à jour le 31.10.11 | 07h56

AFRIQUE DU SUD/ RWANDA: L'Afrique du Sud et le Rwanda expriment leur soutien à l'opération kenyane en Somalie

NAIROBI -- L'Afrique du Sud et le Rwanda ont exprimé leur soutein à l'opération militaire que le Kenya mène en Somalie contre les insurgés somaliens, les Shebab.

Les deux pays ont fait cette prise de position lors des entretiens séparés entre les présidents rwandais paul Kagame et sud-africain Jacob Zuma avec leur homologue kenyan Mwai Kibaki à Perth en Australie, en marge du sommet du Commonwealth.

Selon un communiqué de la présidence kenyane rendue publique dimanche, les présidents rwandais et sud-africain ont condamné à cette occasion les attaques entreprises par les Shebab qui, selon eux, influent directement sur leurs pays ainsi que toute la région littorale de l'océan Indien.

MM. Kagame et Zuma ont promis toute sorte de soutien au Kenya pour qu'il déjoue les attaques venant de l'extérieur et les agressions contre ses intérêts nationaux.

"Le Rwanda est prêt et veut fournir tout soutien que le Kenya demanderait pour gagner la guerre contre les Shebab", a déclaré le président Kagame.

Les président rwandais et sud-africain ont également appelé la communauté internationale à se montrer plus engagé dans la lutte contre le terrorisme et le extrémistes religieux qui constituent une menace à la sécurité de la Corne de l'Afrique et au commerce maritime de l'océan Indien.

Selon le communiqué de la présidence kenyane, le président Kibaki a déclaré que "la violation continuelle par le groupe terroriste Shebab de l'intégrité territoriale du Kenya incite le gouvernement kenyan à agir pour sauvegarder leurs intérêts nationaux et économiques".

Il a souligné que son pays avait lancé l'opération militaire contre l'agression continuelle par les Shebab conformément à la Charte des Nations Unies.

Samedi, le président tanzanien jakaya Kikwete avait promis de soutenir les efforts déployés par les organisations régionales, continentales et internationales pour stabiliser la situation en Somalie et dans la Corne de l'Afrique.



Source: Xinhuanet, du 31/10/2011

Libye: les Werfallah de Bani Walid, fidèles à l'ex-régime, crient vengeance

Refusant d'être filmé, il donne son seul prénom, Souleimane, "par peur" des combattants du nouveau régime qui ont pris le contrôle de la ville il y a une dizaine de jours, après plus d'un mois de combats contre les forces fidèles à l'ex-dirigeant Mouammar Kadhafi, tué à Syrte le 20 octobre.
"Nous avons arrêté de nous battre parce que nous n'avions plus de munitions. La plupart des habitants ont caché leurs armes et sont restés chez eux. D'autres se sont fondus dans les groupes de rebelles", confie-t-il.
Les forces du Conseil national de transition (CNT, issu de la rébellion), entrées dans la ville le 17 octobre, ont été surpris par la disparition soudaine de tout combattant après des semaines de lutte acharnée.
"Quand les Thowars (révolutionnaires) n'ont pas trouvé les brigades de Kadhafi dont ils parlaient, ils sont devenus furieux. Ils ont tiré sur des chiens, des maisons, ont pillé et brûlé des habitations et des bâtiments publics", ajoute Souleimane. "Toute la ville est en colère. Les Thowars ont puni tout le monde en détruisant nos maisons, en volant nos voitures et en tuant nos proches. Ca ne se passera pas comme ça", poursuit-il en se disant envahi à la fois par la haine et la tristesse.
"Bani Walid est une société tribale. Il n'y a pas d'étrangers. Il n'y a que des Werfallah et personne ne peut nous gouverner. C'est pourquoi il n'y aura pas de Libye sans les Werfallah. Nous agirons tôt ou tard, ici, à Tripoli, ailleurs", prévient-il.
Bani Walid, une vaste oasis au relief accidenté à 170 km au sud-est de Tripoli, est le fief des Werfallah qui forment la principale tribu de Libye, avec un million de personnes (pour une population d'environ 6,3 millions d'habitants). Ses membres sont divisés en dizaines de clans que l?on retrouve dans toute la partie septentrionale du pays, avec une assise en Cyrénaïque (est) dans la région des villes de Benghazi et de Dernah.
Si les Werfallah de Bani Walid affichent toujours leur fidélité au régime déchu, l?opposition entre d'autres clans, essentiellement ceux de Cyrénaïque, et le régime libyen remonte aux années 1990 quand plusieurs dizaines d?officiers accusés de complot furent arrêtés et certains exécutés.
Malgré l'atmosphère de désolation à Bani Walid, certains tentent de réparer les dégâts et de reprendre une vie normale, "mais c'est très difficile", affirme Mohamed Ahmed, les mains tachées de peinture devant son appartement qu'il tente de rendre "vivable".
Des échanges de tirs sont encore fréquents entre des habitants et les pro-CNT, selon lui.
Contrairement aux autres villes du pays, le drapeau rouge-noir-vert de la "nouvelle Libye" est très peu visible à Bani Walid et l'activité ne reprend que très lentement. Des volontaires nettoient la place centrale des douilles et des gravats.
Un jeune, qui dit s'appeler Al-Sahbi Al-Werfelli, vend des légumes dans un petit marché improvisé. Il reconnaît avoir combattu au côté des forces pro-Kadhafi. "Oui j'ai combattu contre ces voleurs. C'est une révolution de voleurs. Ils ont tout détruit. Ils ont tout volé", lance-t-il à l'écart des rares passants.
"Bani Walid paye le prix de son soutien à Kadhafi. Mais nous l'aimons", dit-il. "Nous attendons un signal pour reprendre les armes et nous venger", affirme-t-il. Son cousin à proximité approuve: "nous avons défendu nos maisons et notre honneur et nous nous vengerons pour chaque personne tuée, chaque maison volée".
Author:  Imed LAMLOUM (AFP)