Thursday, December 16, 2010

RWANDA: Génocide & Justice: Un pas dans l’enquête sur l’origine du génocide rwandais

Un pas important a été franchi dans l’enquête sur l’origine du génocide rwandais avec la mise en examen de six militaires soupçonnés de l’attentat qui est au départ du drame, en 1994.
Deux juges français, Marc Trévidic et Nathalie Poux, ont notifié au Burundi, terrain neutre volontairement choisi, des poursuites pour "complicité d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste" à ces suspects, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

Parmi eux figurent James Kabarebe et Charles Kayonga, respectivement ministre de la Défense et chef d’état-major du président Paul Kagame, l’actuel président rwandais.

Auditionnés à plusieurs reprises par les juges depuis le 5 décembre, ils ont contesté toute responsabilité.

Fruit d’un accord entre la justice française et les autorités rwandaises, cette procédure devait déboucher ce jeudi sur la levée des mandats d’arrêt délivrés en 2006 par la France contre ces personnes. Ces mandats avaient provoqué la rupture des relations diplomatiques entre Paris et Kigali.

Le dossier vise l’attentat contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana en avril 1994, abattu par des missiles à son atterrissage à Kigali. Onze autres personnes avaient été tuées, dont le président burundais Cyprien Ntaryamira et quatre membres d’équipage français.

Cet événement a été le point de départ de l’un des plus grands génocides du XXe siècle, le massacre de 800.000 personnes, pour la plupart de l’ethnie tutsi, par des extrémistes de l’ethnie hutu, celle du président Habyarimana.

On ignore toujours si c’est la guérilla du FPR (Front patriotique rwandais), commandée par le Tutsi Paul Kagame, qui a commis l’attentat, déclenchant ainsi les massacres, ou si ce sont des extrémistes hutus qui l’ont fait pour favoriser des projets génocidaires déjà prêts.

Rapprochement Paris-Kigali

Ce rendez-vous judiciaire au Burundi a permis d’éviter aux suspects une incarcération qui aurait été procéduralement automatique s’ils étaient venus en Europe. Ils resteront poursuivis mais peuvent participer à l’enquête.

"Cette démarche est fondamentale puisque les mandats d’arrêt seront levés et que nos clients pourront donner toutes les explications voulues", a dit à Reuters pendant les auditions au Burundi Me Lef Forster, avocat français des suspects.
Après les mandats d’arrêt, Paul Kagame considérait que Paris tentait de lui renvoyer la responsabilité du génocide. Les relations diplomatiques ont été rétablies depuis.

En déplacement au Rwanda en février 2010, le président Nicolas Sarkozy a reconnu des "erreurs" de la France, qui soutenait le régime Habyarimana, dont sont issus les génocidaires.

Outre James Kabarebe et Charles Kayonga, plusieurs officiers et hauts responsables du régime ont été auditionnés par les juges français.
Sur les neuf visés par des mandats d’arrêt en 2006, deux manquent à l’appel, un étant réfugié en Afrique du sud et l’autre introuvable. La dernière personne visée, Rose Kabuye, a déjà été mise en examen fin 2008 en France après avoir été arrêtée en Allemagne.

Le juge Jean-Louis Bruguière, auquel Marc Trévidic a succédé en 2007, accusait Paul Kagame d’avoir planifié et mis en oeuvre l’attentat avec son état-major.
Le juge s’appuyait sur deux témoins rwandais, mais ils ont été depuis réinterrogés par le juge Trévidic et l’un a dit avoir menti, l’autre atténuant fortement sa déposition en admettant qu’il n’était pas témoin direct des faits.

Les juges français ont aussi repris l’enquête technique sur les tirs, avec un premier transport sur les lieux de l’attentat à Kigali en septembre dernier, en compagnie de nombreux experts. Un rapport est attendu en février prochain.
Reuters
Source: Congoindépendant 2003-2010 , du 16 Décembre 2010

France/Rwanda - Attentat contre Habyarimana au Rwanda: six proches de Kagame mis en examen

Six proches du président rwandais Paul Kagame ont été mis en examen et laissés en liberté ces derniers jours dans l'enquête sur l'attentat contre l'avion de Juvénal Habyarimana en 1994, ce qui devrait entraîner la levée des mandats d'arrêt qui les visaient depuis quatre ans.
Ces six personnes, dont l'actuel ministre rwandais de la Défense, James Kabarebe, faisaient partie des neuf proches du dirigeant rwandais visés par des mandats d'arrêt émis en 2006 par l'ancien juge Jean-Louis Bruguière.

Ils ont été mis en examen entre les 5 et 15 décembre au Burundi par les juges d'instruction antiterroriste Marc Trevidic et Nathalie Poux pour "complicité d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste". Ils ont été laissés en liberté sans contrôle judiciaire, selon leurs avocats, Mes Léon-Lef Forster et Bernard Maingain.

Ces mises en examen devraient être suivies de la levée des mandats émis en 2006, qui avaient entraîné une rupture diplomatique entre Paris et Kigali. Elles permettent en outre à ces six proches de M. Kagame d'avoir accès à l'enquête judiciaire et d'éventuellement faire des demandes d'actes.

Le soir du 6 avril 1994, l'avion transportant notamment le président Habyarimana, un Hutu, et son homologue burundais Cyprien Ntaryamira, avait été abattu en phase d'atterrissage à Kigali par au moins un missile antiaérien.

Deux thèses s'affrontent dans cette enquête: la justice française -- compétente dans ce dossier en raison de la nationalité française de l'équipage de l'avion -- soupçonne un commando du Front patriotique rwandais (FPR, aujourd'hui au pouvoir) de s'être infiltré à travers le dispositif des Forces armées rwandaises (FAR), pour abattre l'avion depuis la colline de Massaka, qui surplombe l'aéroport.
Une commission d'enquête rwandaise a au contraire imputé la responsabilité de l'attentat aux extrémistes "Hutu Power" des FAR qui auraient voulu se débarrasser du président Habyarimana, jugé trop modéré, pour faciliter un coup d'Etat.

Outre James Kabarebe, figurent parmi les mis en examen le général Jack Nziza, le lieutenant-colonel Charles Kayonga, l'ancien militaire Jacob Tumwine, Franck Nziza, soupçonné d'être un des tireurs qui ont abattu l'avion, ainsi que Samuel Kanyemera.

L'ancienne chef du protocole de M. Kagame, Rose Kabuye, elle aussi visée par un mandat d'arrêt, avait pour sa part été mise en examen fin 2008. Deux autres Rwandais restent visés par les mandats délivrés par M. Bruguière: Faustin Nyamwasa-Kayumba serait réfugié en Afrique du Sud, selon plusieurs sources. Eric Hakizimana serait pour sa part décédé.
"Les explications fournies par les personnes ont donné un tout autre éclairage à ce dossier et des éléments de faits précis ont été portés à la connaissance des autorités judiciaires en vue de démontrer que la première partie de la procédure était plus le produit d'une manipulation qu'une instruction à charge et à décharge", ont indiqué dans un communiqué les avocats des mis en examen, Mes Lev Forster et Bernard Maingain.

L'avocat de la veuve de M. Habyarimana, Me Philippe Meilhac, a pour sa part salué une "avancée attendue depuis longtemps". "Ces mises en examen auraient dû intervenir plus tôt mais elles montrent qu'on approche de la fin de l'enquête", a-t-il ajouté à l'AFP.

Les deux magistrats avaient effectué un déplacement au Rwanda en septembre au cours duquel ils avaient notamment effectué une reconstitution de l'attentat. Une expertise, dont les résultats sont attendus en mars, doit notamment déterminer d'où provenaient les tirs.





Source: Le Monde, du 16/12/2010

Wednesday, December 15, 2010

COTE D'IVOIRE: INSTALLATION DE L’EQUIPE SORO: ce jeudi de tous les dangers

Le Premier ministre de Alassane Dramane Ouattara, Guillaume Soro, a annoncé son intention de procéder bientôt à l’installation effective de son équipe à commencer, ce jeudi 16 décembre, par celle du Directeur général qu’il a nommé pour la Radio télévision ivoirienne. Coup de bluff ou véritable décision ? Difficile de le dire. Toujours est-il que la mise en oeuvre de cette décision risque d’être compliquée dans le contexte actuel.

Certes, fort de sa légitimité et du soutien international dont il jouit, le camp Ouattara entend exercer son autorité à la tête de l’Etat. Mais, il est illusoire de croire, au stade actuel des choses, que cela se passera sans difficulté. Il n’est un secret pour personne que la rencontre des équipes des deux camps sur le terrain, pour occuper les mêmes postes, ne se fera pas sans heurt. Bien au contraire. Les invectives et autres actes de défiance posés jusque-là trouveront un terrain pour se matérialiser. L’affrontement qui est, jusqu’à ce jour, resté verbal depuis la publication des résultats trouvera là, une occasion de prendre corps.

De quels moyens disposent Soro pour concrétiser sa décision ? Que feront les hommes en armes et les civils des deux camps ? C’est un face-à-face plein d’incertitudes et inquiétant qui s’annonce d’autant que le camp Ouattara a appelé ses partisans à sortir pour l’accompagner dans cette expédition. Il est clair que dans une bataille comme celle qui oppose les deux parties en Côte d’Ivoire, la personne qui occupe un poste de façon effective en est le véritable maître. Chacun en a conscience. Le camp Gbagbo notamment sait que sa présence effective à ces différents postes de l’Administration est ce qui fait qu’il en a encore plus ou moins le contrôle. Pour lui, cette décision de Soro constitue ni plus ni moins qu’un acte de défiance, de provocation. Dans ces conditions, on ne se fait pas d’illusion sur sa détermination à défendre avec ardeur ces bastions de son pouvoir. En tout cas, si Gbagbo est toujours dans sa logique de rester au pouvoir -rien à ce stade ne laisse penser le contraire- on imagine mal ses partisans assister les bras croisés à la concrétisation de ce projet d’installation de l’équipe de son adversaire. Le blocus imposé à l’hôtel du Golf par les forces de défense et de sécurité fidèles à Laurent Gbagbo le 13 décembre dernier sonne d’ailleurs comme un avertissement. Il en découle que l’affrontement est inévitable si l’autre partie tient mordicus à réaliser son projet. Ce ne sera donc pas une promenade de santé, une partie de plaisir pour ceux qui iront à l’assaut de ces institutions. La loyauté des forces de défense et de sécurité ivoiriennes sera également mise à l’épreuve. Inutile de dire que chaque camp marquera ou perdra des points selon qu’il sortira gagnant ou perdant de cette épreuve de force. Pour l’équipe Gbagbo, une perte de la direction de ces postes-clé de l’Etat signifie plus ou moins sa chute.

Ce regain de tension, faut-il le rappeler, survient au moment où l’Union européenne a pris des sanctions ciblées contre le camp Gbagbo et face auxquelles plus d’une personne s’attend à la radicalisation du régime, entre autres. Pour l’équipe Ouattara, c’est également un pari non moins risqué. Cette décision s’inscrit probablement dans sa volonté de matérialiser son autorité, mais aussi, de pourrir davantage la situation pour le camp d’en-face en le poussant peut-être à la faute. Seulement, si cette annonce n’est pas suivie d’effet, elle peut être contreproductive. Ce serait une sorte d’échec politique. Ce qui est sûr, ce jeudi sera un jour de tous les dangers en Côte d’Ivoire. Il marquera une étape décisive dans l’évolution de la crise qui secoue le pays. Une fois de plus, les Ivoiriens retiennent leur souffle.


Author: Relwendé Auguste SAWADOGO


Source: Le Pays, du 15/12/2010

COTE D'IVOIRE: WikiLeaks : Gbagbo, ses ratés et ses bluffs

En plus des pressions de la communauté internationale qui l’invite à céder le pouvoir à Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo devra endurer les révélations de WikiLeaks sur sa personnalité et son maigre poids politique.
Ainsi, en 2009, l'ambassade des États-Unis à Abidjan (Côte d'Ivoire) laissait clairement entendre que Laurent Gbagbo n'organiserait pas les élections s'il n'était pas sûr de les gagner.
Dans un mémo daté du 2 juillet 2009 et envoyé à Washington sous le titre : « Les élections en Côte d'Ivoire : le mythe et la réalité », Wanda Nesbitt, alors ambassadrice, considérait le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo comme la «troisième» formation du pays, associée à un groupe ethnique « minoritaire », les Bétés.
« Pour gagner une élection présidentielle, indiquait-elle dans sa correspondance, le FPI a besoin de s'allier avec l'un des deux autres grands partis », tous deux menés par les principaux rivaux de Laurent Gbagbo. D’où les tentatives infructueuses de rapprochement avec le Rassemblement des républicains (RDR) d'Alassane Ouattara, amorcés dès 2007, à en croire la diplomate.
Face à cet échec, Laurent Gbagbo se serait résolu à envisager un duel électoral avec Ouattara. Selon Wanda Nesbitt, il était persuadé, proximité ethnique oblige, que les électeurs du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), de l’ancien président Henri Konan Bédié se rallieraient à sa cause plutôt qu'à celle des «Nordistes» du RDR. Peine perdue : les télégrammes américains mettent en lumière toute l'importance du report effectif des voix des partisans de Bédié vers Ouattara, signant ainsi la fin de « l'ivoirité ».

L’infréquentable Charles Blé Goudé
Les faits donnent également raison aux diplomates américains, qui ont très tôt cerné la nature des relations entre Laurent Gbagbo et le très controversé Charles Blé Goudé, récemment promu ministre de la Jeunesse et de l’Emploi. « Le président Gbagbo a fait des demandes répétées aux Nations unies pour qu'elles lèvent les sanctions contre Blé Goudé », notent les diplomates américains. Ils se désolent de voir que le leader des patriotes semble être « préparé [par Gbagbo] pour de futures responsabilités au sein du parti et/ou dans le gouvernement au lieu que soient prises des distances avec une personne faisant l'objet de sanction des Nations unies et qui demeure une personnalité source de divisions dans son pays ».
« Des sanctions [avaient effectivement] été mises en place le 7 février 2006, pour des appels répétés à la violence contre des installations et des personnels des Nations unies et pour sa participation à des actes de violences commis par des milices de rue, incluant des passages à tabac, des viols et des exécutions extrajudiciaires », résume le télégramme américain obtenu par WikiLeaks. Et les américains d’enfoncer le clou, citant comme sources leurs homologues français : « Blé Goudé est devenu un homme d'affaires très prospère, avec des intérêts conséquents dans des hôtels, boîtes de nuit, restaurants, stations service et dans l'immobilier en Côte d'Ivoire. »

Curieux imbroglio à Bouaké
Mais l’intérêt des Américains pour la Côte d’ivoire porte également sur ses relations ambiguës avec la France, au plus fort de la crise ivoirienne. La gestion des bombardements de Bouaké, perpétrés en 2004, les laisse songeurs.
Les mémos insistent notamment sur la latitude qu’avait la France de prévoir cette attaque (car elle savait qu’Abidjan s'était fait livrer deux Soukhoï, en violation de l’embargo de l’ONU). Et aussi sur le silence de Paris, jugé troublant pour un pays qui avait la possibilité d’interroger les responsables directs : les pilotes des Soukhoï impliqués ont été arrêtés à Abidjan, détenus quatre jours par l'armée française avant d'être autorisés à quitter la Côte d'Ivoire pour se rendre au Togo.

Fanfaronnade
De plus, alors que tout le monde estimait les relations Paris-Abidjan tendues à l’extrême, Laurent Gbagbo continuait de s’entretenir en coulisses avec les autorités françaises. Reçu à l'ambassade américaine à Abidjan, le président ivoirien sortant « qui adore parler », selon le mémo, « saute du coq à l'âne si on ne l'amène pas avec toute la courtoisie requise à revenir au sujet principal de la conversation ». Il affirme que M. de Villepin « en est venu à réaliser que la politique du président Chirac d'essayer de se débarrasser de [lui] ne marcherait pas ».
Mieux, selon les câbles américains, Laurent Gbagbo se serait vanté, devant ses interlocuteurs américains interloqués, d’être à l’origine de la nomination de Dominique de Villepin à Matignon en 2005. Il « a révélé, indique le télégramme, que de Villepin lui avait demandé d'intervenir auprès du président Chirac pour qu'il le nomme Premier ministre [en 2005], et Gbagbo s'était exécuté. Chirac avait réagi en disant que de Villepin était du genre nerveux, mais Gbagbo avait donné la garantie à Chirac que de Villepin était la personne parfaite pour cette fonction ».
Réalité ou fanfaronnade ? En tout cas, au regard de l’isolement auquel Laurent Gbagbo s’expose aujourd’hui, on est loin de cette époque où il prétendait jouer au conseiller officieux d’un président français.
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Ci-dessous les câbles diplomatiques cités dans cet article :
1. http://cablesearch.org/cable/view.php?id=09ABIDJAN406&hl
2. http://cablesearch.org/cable/view.php?id=08ABIDJAN396&hl

Source: Jeune Afrique, du 14/12/2010 à 16h:25
Author: Clarisse Juompan-yakam

RDC: Kamerhe candidat en 2011

Il a tout plaqué : la présidence de l'assemblée nationale, le PPRD (le parti qu'il a fondé avec Joseph Kabila) et enfin son poste de député… Vital Kamerhe a démissionné de toutes ses fonctions officielles pour se lancer dans la bataille le présidentielle de 2011 en République démocratique du Congo (RDC). Il est désormais à la tête de son propre parti politique, l'Union pour la nation congolaise (UNC)… sa nouvelle machine de guerre électorale. Mais avec qui fera-t-il alliance ?

Le voici maintenant candidat déclaré. Vital Kamerhe est officiellement candidat à la présidence de la République démocratique du Congo (RDC) pour 2011. Après avoir consulté pendant plus d'un an et fait le tour des capitales occidentales, Vital Kamerhe vient d'annoncer qu'il se lancera dans la course à la présidence de la république en 2011.

Candidat de l'opposition ?

Après avoir annoncé sa démission du PPRD de Joseph Kabila et de son mandat de député, Vital Kamerhe, 51 ans, se présentera donc sous la bannière de son nouveau parti, l'Union pour la nation congolaise (UNC) créé en juin dernier. Kamerhe se définie clairement comme un opposant à Joseph Kabila et a annoncé que son parti concluerait des "alliances avec d'autres forces de changement", sans les citer, pour obtenir "l'alternance en 2011".

Il a proposé à l'opposition "un programme préléectoral commun" visant "à lutter pour des élections libres et démocratiques", notamment pour "préserver" la Constitution et le mode de scrutin présidentiel et législatif", et "accélérer" la mise en place de la Cour constitutionnelle et de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Un dernier signe qui ne trompe pas, Vital Kamerhe assistait en personne au 1er congrès de l'UDPS où Etienne Tshisekedi se propose d'être le rassembleur de toute l'opposition au prochain scrutin.

Author: Christophe Rigaud


Source: Courrier International, du 15/12/2010

En attendant la sortie officielle de l’UNC: Kamerhe démissionne du PPRD et de l’Assemblée nationale

Deux ans après, l’opposant et leader de l’UNC, Vital Kamerhe rompt le silence et annonce son départ du PPRD et de l’Assemblée nationale. Il promet de se référer au congrès de son parti pour sa candidature à l’élection présidentielle de 2011 et croit au retour en RDC de J.P. Bemba.

C’était hier au cours d’une conférence de presse à l’ « Espace GB » en présence des membres co-fondateurs de l’Union pour la nation la congolaise (UNC), de plusieurs parlementaires et d’une foule nombreuse de militants. Il a profité de la circonstance pour présenter son parti, ses idées et sa vision politique. Vital Kamerhe a répondu également aux questions comme celle de savoir s’il « ne peaufine pas une stratégie pour embarquer ou abuser tout un électorat pour le compte du président en exercice. Ou alors si Vital Kamerhe ne va pas piéger et infiltrer l’opposition en se comportant comme « une taupe » pour finaliser tous les efforts des forces de changement acquises à l’alternance en 2011 ».

Vital Kamerhe qui a officiellement informé l’opinion de sa démission du PPRD et de l’Assemblée nationale « au regard de la gestion calamiteuse des affaires de l’Etat par des gouvernements de la majorité présidentielle », a-t-il annoncé. Avant d’ajouter que l’Union pour la nation congolaise se consacre à « défendre ses idées et sa vision ». Sans chercher à remuer un passé, Vital Kamerhe a préféré « reprendre sa liberté afin d’ être en phase avec les intérêts de ceux qui ont voulu qu’il fasse la politique pour être au service de la RDC ». En effet, face à une réalité sociale calamiteuse d’aujourd’hui, Vital Kamerhe a noté que la population est désemparée et tout lui devient difficile. Les chômeurs et ceux qui travaillent sont logés à la même enseigne. Les jeunes ne savent que faire. Même manger devient un luxe. Démotivés, tous ceux qui servent le pays dans n’importe quelle structure de l’Etat n’ont plus le cœur à l’ouvrage.

L’UNC, UN PARTI DE L’OPPOSITION
Que dire de toutes ces mises en retraite sélective et sans pension ? A cela, Vital Kamerhe ajoute : « Les magistrats sont devenus les boucs émissaires d’un système défaillant. Pourquoi révoquer seulement les magistrats en violations de toute procédure alors que les véritables malfrats continuent à gangrener l’Etat ? ».

C’est pour faire face à tous ces défis que l’Union pour la nation congolaise (UNC) est ouverte à tous les Congolais qui veulent que les choses changent, bien et vite, afin que chaque citoyen de la RDC puisse avoir son rendez-vous avec l’espérance, a-t-il souligné. Et de renchérir : « L’UNC est ouvert à tous, afin que cesse ce sentiment d’injustice dont se plaignent la quasi-totalité des Congolais ».

Malgré quelques timides progrès constatés, Vital Kamerhe a relevé que la RDC recule dangereusement et les droits de l’Homme battent de l’aile par les assassinats des défenseurs des droits de l’Homme, des journalistes et d’autres citoyens anonymes. Le climat des affaires reste vicié à cause des tracasseries.

C’est pourquoi, le parti de Kamerhe qui rêve d’une RDC meilleure doit s’inspirer du Brésil grâce à la mobilisation efficace de ses ressources humaines et naturelles, car la « RDC est une puissance endormie à cause des crises politiques et sociales répétées, des guerres et de mauvais systèmes de gestion instaurés au lendemain de son indépendance et exacerbée actuellement par l’absence criante de leadership responsable ». Pour Kamerhe, c’est la thérapeutique à apporter doit inévitablement qui doit entraîner le changement de système et l’instauration d’un nouveau leadership différent pour la refondation de l’Etat congolais, le renforcement du fonctionnement harmonieux des institutions et en encourageant l’accès de la femme et de la jeunesse à tous les niveaux d’exercice du pouvoir.

EN PREVISION DES ELECTIONS
A une question de savoir si l’UNC entend conclure des alliances avec d’autres forces de changement, Vital Kamerhe a dit que cela dépendra du programme préélectoral commun dont l’ossature a été relevée.

Il s’agit notamment de ne pas toucher à la Constitution, de préserver le mode de scrutin présidentiel et législatif, empêcher le départ de la Monusco qui doit jouer un rôle pour la protection des candidats de l’Opposition et la facilitation du transport du matériel électoral, œuvrer pour la mise en place du Conseil supérieur de l’Audio visuel, de la Cours constitutionnelle, organe chargé du contentieux électoral , de mettre rapidement le Bureau de la CENI et la désignation de son président et enfin la mise en place d’une commission de monitoring des violations des droits humains pendant la campagne électorale et les élections.


Author: Louis-Paul Eyenga Sana


Source: Le Potentiel, du 15/12/2010

RDC: Il voulait entrer dans l’histoire : V. Kamerhre, Sort par la petite porte

Vital Kamerhe a été démissionné. Toute la tentative de faire croire qu’il avait pris l’initiative de partir, n’est ni honnête ni politiquement morale. *En niant tout progrès dans l’action dont il est un des artisans, Vital Kamerhe s’est inscrit sur la voie de la vengeance et s’est mis dans la peau d’un aigri.

La sortie tant attendue de l’Union pour la nation congolaise (Unc) parti politique de Vital Kamerhe, a eu lieu. A l’occasion, l’ancien secrétaire général du Pprd, ancien président de l’Assemblée nationale, a remis sa démission en tant que député. C’est la conséquence de son départ du Pprd. Apparemment, il n’y a pas eu un coup de théâtre dans la mesure où, il y a longtemps que Vital Kamerhe a été poussé au départ. Intelligent, il a voulu démontrer à l’opinion qu’il est parti de son propre gré. C’est la même stratégie qu’il avait utilisé pour quitter le perchoir de l’Assemblée nationale. Il a résisté jusqu’à ce qu’il donne l’impression qu’il est parti de lui-même. Il avait pourtant toute la pression sur lui.

L’action de Vital Kamerhe s’inscrit également dans la logique de se donner une image reluisante de quelqu’un capable de quitter ses fonctions par idéal. Cela explique sa démission. Il est mû par le souci d’entrer dans l’histoire comme un grand homme. Ce genre de forcing n’est pas sans conséquence. La première conséquence, ce sont ces visages couverts de gêne qui suivaient le discours de Vital Kamerhe. Beaucoup avaient honte de le regarder dans les yeux en écoutant ce qu’il disait. Ceux qui ne le connaissaient pas, pensaient que Vital Kamerhe était capable de s’élever, de constater les efforts fournis par le gouvernement dans des circonstances particulièrement difficiles et honnêtement, y revendiquer sa part. Car, en effet, on ne pouvait pas parler du pouvoir qui gère la Rdc actuellement sans citer le nom de Vital Kamerhe. Malheureusement, Vital Kamerhe a choisi la voie de la médiocrité, celle de la vengeance. Malheureusement, encore une fois, une vengeance encore très chaude pour être consommée aisément. Il voulait entrer dans l’histoire par la grande porte, il en est sorti par la petite porte. Il a démontré qu’il est comme tous ceux qui appliquent la politique du tube digestif. Ceux qui crient lorsqu’ils ont la bouche vide et se taisent lorsqu’ils ont la bouche pleine. L’image de Kamerhe est insoutenable même si on savait qu’il n’était pas capable d’autre chose.

Un discours passéiste
Pour revenir au propos de l’ancien président de l’Assemblée nationale, il a fait sien un certain discours passéiste sur le Congo qui était au même niveau que le Canada et qui était au dessus du Brésil, mais qui est aujourd’hui avant dernier. Si le constat est vrai, le tort de Vital Kamerhe est de mettre cela sur compte de ce gouvernement en un mandat. Ce côté populiste est une ridicule manière de tromper l’opinion. Vital Kamerhe a été il n’y a pas longtemps, président de l’Assemblée nationale, autorité budgétaire. L’opinion aurait voulu savoir ce qu’il a fait du budget de l’enseignement et de la santé. Le gouvernement parallèle l’aurait-il empêché de faire son travail ? Il a pourtant reconnu qu’il avait fait librement son travail. Il dit à qui veut l’entendre qu’il était l’un des meilleurs présidents de l’Assemblée nationale. En quoi cela tenait-il ? A donner la parole à l’opposition en lieu et place de relever le budget de l’enseignement et de la santé ?

C’est pourtant à cette occasion qu’il devrait contribuer à faire reculer les frontières de la pauvreté. Hier, il était Sarkozy, aujourd’hui il se veut Lula. Qui peut croire vraiment en Vital Kamerhe dans ces conditions ? Vital Kamerhe n’a en réalité rien dit qui n’ait jamais été dit. Lorsque Joseph Kabila fait l’état de la nation, il fait remarquer l’étendue des défis à relever face aux maigres moyens de l’Etat. Ne pas le reconnaître, c’est justement faire de la démagogie. C’est dans les réponses aux questions des journalistes que Vital Kamerhe s’est retrouvé à nu. Les tergiversations à la toute première question ont démontré que l’ancien président de l’Assemblée nationale n’agit pas par idéal, mais par rancune. Un aigri.

Parti pour quel idéal ?
Un confrère a voulu savoir si ce n’est pas parce qu’il a été chassé du pouvoir que Vital Kamerhe dénonce le régime en place. A cette question, comme on devrait s’y attendre, Vital Kamerhe n’a pas été convainquant. Il a commencé par citer Lunda Bululu et Matungulu qui avaient démissionné dans le passé. La question n’était pourtant pas de savoir si démissionner en Rdc était possible.

Il a démontré, malgré lui, qu’il n’était pas prêt à démissionner parce qu’il a résisté pendant 58 jours. La question n’était pas de savoir comment voulait-on qu’il démissionne. Qu’il ait démissionné 58 jours après, alors qu’on voulait qu’il parte immédiatement, le confrère voulait plutôt savoir si ce n’est pas parce qu’il est parti qu’il fait des déclarations contre ses frères politiques d’hier. Ce qui, a poursuivi l’auteur de la question, ferait de lui un opportuniste, un démagogue. Cette question est importante. Car, à travers l’absence de réponse satisfaisante, il a été démontré que Vital Kamerhe agit en aigri. Il roule pour son intérêt, pour les positions perdues en perdant le poste juteux de speaker de l’Assemblée nationale.

A travers les tergiversations à donner une réponse claire à cette question essentielle, Vital Kamerhe s’est avéré un démagogue de grande espèce. Aigre, Vital Kamerhe n’a pas osé répondre à la question sur le gouvernement parallèle. Il opère où, coordonné par qui ? Il a plutôt demandé à la presse d’aller chercher et de découvrir. Il s’est refugié derrière l’excuse selon laquelle il s’interdisait de parler des personnes. Moralité, Vital Kamerhe s’est contenté de procès d’intention, de grossissements, des rumeurs, des racontars. Le propre des populistes.

Il dit qu’il aurait plus d’une fois dénoncé l’existence du gouvernement parallèle. S’il y a des gens qui s’en souviennent, c’est peut-être en termes de jérémiades lorsqu’il voulait imposer ses vues, et était contré, lorsqu’il voulait être l’homme fort, l’incontournable attaquant de pointe et on le ramenait à sa place. Chaque fois qu’il échouait dans ses tentatives, il s’en prenait à un gouvernement parallèle sans jamais le dire clairement. A moins de prouver le contraire c’est après son départ forcé de l’entourage du Chef qu’il parle de gouvernement parallèle.

Parti après les négociations nocturnes
Entre les lignes, le président de l’Unc a démontré qu’il part malgré lui. Car, à la question de savoir si ce n’est pas parce que les négociations qu’il a mené nuitamment auprès de Joseph Kabila ont échoué qu’il a décidé de quitter le Pprd, Vital Kamerhe a, après avoir relevé la tendance de la chaîne de télévision de l’auteur de la question, à savoir la Télé du cinquantenaire, a dit que c’est la preuve qu’il n’y a pas d’arrangement avec Kabila. Il a estimé que cette question est une réponse à tous ceux qui pensent justement que le départ de Kamerhe serait un arrangement avec Kabila. Cela veut donc dire que les négociations infructueuses ont fait que le pont entre lui et Kabila était rompu. C’est Kamerhe, à comprendre cette question et cette réponse, qui avait sollicité que Kabila lui donne la dernière chance. Conséquence, ce n’est pas par idéal que Vital Kamerhe a quitté le Pprd pour créer l’Unc.

Le comble de contradiction, c’est lorsque Vital Kamerhe présente sa vision, celle d’une Afrique qui parlerait d’une seule voix. C’est renversant lorsqu’on sait que la cause du départ de Vital Kamerhe de la présidence de l’Assemblée nationale, c’est parce qu’il a empêché l’Afrique de parler d’une seule voix en s’opposant à la présence des troupes rwandaises en Rdc. Troupes venues combattre un ennemi commun. Car, pour que l’Afrique parle d’une seule voix, il faut que les pays africains commencent par parler d’une seule voix. C’est cette politique qu’a appliqué Joseph Kabila et qui a porté des fruits. Le monde entier apprécie le rapprochement entre Kigali et Kinshasa comme gage de la paix dans les Grands Lacs. Vital Kamerhe a éludé cette question qui, pourtant constitue la peau de banane sur laquelle il avait glissé. La raison est toute simple. Vital Kamerhe ne veut pas se mettre sur le dos toute la communauté internationale qui a salué le courage de Kabila de faire la paix de braves avec le Rwanda. Il ne veut pas non plus saluer cette réussite.

Très à côté de toutes les questions
A toutes les questions de la presse, on n’a pas eu des réponses à tel point que les confrères étaient obligés d’y revenir pour insister jusqu’à ce que, Kamerhe, sans laisser la parole au modérateur pour conclure, a désannoncé lui-même le point de presse qui s’est terminé sur un goût d’inachevé. On retient seulement que Vital Kamerhe a quitté le Pprd après avoir sollicité en vain les dernières grâces du Chef de l’Etat. On retient qu’il renonce à son mandat de député national. On retient également qu’il sera candidat à la présidence de la République si son parti entérine cette candidature au prochain congrès. On retient également que l’Unc, parti de Vital Kamerhe, est un parti de l’opposition. Enfin, on retient qu’il a été voir JP Bemba. Il a également vu Tshisekedi, non pas pour être derrière eux, mais pour être avec eux. A chacun de tirer ses conclusions. La nôtre, c’est qu’il y a eu trop de bruits pour rien.

Author: Joachim Diana G.


Source:  L'Avenir Quotidien, du 15/12/2010