Friday, December 17, 2010

RDC: Lambert MENDE, Quelle immoralité !

A chacune de ses sorties médiatiques, le ministre congolais de la Communication et des médias, Lambert Mende Omalanga, provoque la colère voire la nausée par ses outrances verbales. Dans un récent communiqué signé par son porte-parole, Mende adresse des félicitations du gouvernement aux avocats de l’Etat congolais ayant plaidé dans l’affaire "République démocratique du Congo contre Nzomina & Iluo". Et ce, pour avoir "pu convaincre la justice belge de la méconnaissance par son ordonnance du 11 octobre dernier de la souveraineté de la RDC". (voir l’article "Affaire Tungulu : le juge belge se contredit!). Quelle immoralité !

On le sait, le 29 septembre dernier, Armand Tungu Mudiandambu a été arrêté et battu à mort par des éléments de la garde prétorienne de "Joseph Kabila". Tungulu est suspecté d’avoir lancé deux cailloux sur le cortège du "raïs". Ce fait confère-t-il à "Joseph Kabila" et à ses sbires le droit d’ôter la vie à un citoyen congolais? Pire, le chef de l’Etat a-t-il le droit de confisquer la dépouille mortelle de sa victime? N’est-il pas scandaleux que plus de soixante-dix jours après l’annonce de la mort "par suicide" de Tungulu que sa famille n’ait pas accès à son corps? Or justement le procès "gagné" par les "avocats de la République" n’avait pour objet que la restitution et le rapatriement de la dépouille mortelle du défunt.

Qualifié de suicidaire par certains, l’acte posé par ce jeune bruxellois tranche avec la couardise légendaire des Congolais. En réalité, Tungulu a montré le chemin en clamant tout haut ce que la grande majorité de la population congolaise préfère murmurer dans leurs salons ou lors des veillées mortuaires. Par son geste, Tungulu a exprimé un ras-le-bol. A savoir que la RD Congo est "dirigée" par des hommes et des femmes qui jouissent des privilèges sans que ceux-ci soient la contrepartie d’un service éminent rendu à la collectivité. L’alinéa premier de l’article 64 de la Constitution en vigueur est sans équivoque : "Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution". Quatre années après la promulgation de cette Loi fondamentale, le principe de séparation des pouvoirs est battu en brèche par le retour en force de la personnalisation du pouvoir avec son corollaire : l’arbitraire. La dérive autoritaire.

La joie exprimée par Mende choque. Ce ministre a raté l’occasion de se taire devant la douleur et la souffrance de la famille Tungulu. Serait-il excessif de dire que ce membre du gouvernement est une parfaite caricature d’homme d’Etat. Porte-parole du gouvernement, l’ancien opposant Mende qui prétendait - au cours de la première moitié des années 90 - de se battre pour la promotion de la démocratie et le respect des droits de l’Homme dans l’ex-Zaïre a perdu de vue tous ses idéaux au point d’exulter devant une affaire où il est question de mort d’homme. La mort d’un citoyen congolais qui n’a fait qu’exprimer ses opinions.

C’est connu, les politiciens congolais ont deux discours. Le premier sert quand l’acteur milite dans les rangs de l’opposition. Ce discours est généreux, truffé des slogans sur la démocratie et le respect de la vie et de la dignité de la personne. Le second intervient lorsque le même acteur accède au pouvoir. Ici le speech devient conformiste voire conservateur.

C’est une image lamentable que des individus comme Mende donne du personnel politique congolais. Dans la lettre ouverte adressée à "Joseph Kabila" en date du 19 novembre dernier, la veuve Chebeya écrivait ces mots : "Pour terminer, Monsieur le président, s’il vous plait, veuillez interdire votre ministre de la Communication Mende Omalanga pour ses propos qui peuvent soulever les coeurs brisés du peuple congolais et de dire de mensonges. (...)"

Author: Baudouin Amba Wetshi


Source:  KongoTimes, du 17/12/2010

No comments:

Post a Comment