Friday, February 25, 2011

COTE D'IVOIRE: Les rebelles disent marcher vers le Sud de la Côte d'Ivoire

Les Forces nouvelles, qui soutiennent Alassane Ouattara et contrôlent le nord de la Côte d'Ivoire, ont pris vendredi la ville occidentale de Zouan-Hounien aux forces fidèles à Laurent Gbagbo et ont dit se diriger vers le sud.
Des partisans de Laurent Gbagbo, qui s'accroche au pouvoir en contestant la victoire d'Alassane Ouattara à l'élection présidentielle du 28 novembre, ont confirmé la chute de Zouan-Hounien et annoncé qu'ils combattraient pour reprendre la ville.

"Nous sommes en cours de réorganisation", a déclaré par téléphone à Reuters Yao Yao, chef des opérations du Front pour la Libération du Grand Ouest, une milice pro-Gbagbo.

Petite ville reculée, Zouan-Hounien se trouve non loin de la frontière avec le Liberia, à l'écart des axes stratégiques, mais les affrontements qui s'y sont déroulés marquent une nouvelle escalade après une semaine de violences croissantes.

Ouattara Seydou, porte-parole des rebelles, a déclaré que les Forces nouvelles avaient été la cible d'une attaque provenant de Zouan-Hounien et qu'elles se dirigeaient vers le sud, en direction d'une autre ville aux mains de partisans de Gbagbo.

La Côte d'Ivoire risque de replonger dans une guerre civile alimentée par des antagonismes ethniques après l'élection de novembre.

Ouattara a été déclaré vainqueur de la présidentielle par la commission électorale indépendante, mais le résultat, validé par les Nations unies, a été annulé par le Conseil constitutionnel, dirigé par un pro-Gbagbo.

La crise a déjà fait plus de 300 morts et poussé le prix du cacao, dont la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial, à son plus haut niveau depuis 30 ans.

Plus de 80.000 personnes ont fui leurs foyers, dont la moitié vers le Liberia voisin, selon l'Onu.

Aux Nations unies, le secrétaire général, Ban Ki-moon, a déclaré que les affrontements mettaient la Côte d'Ivoire au bord de la guerre civile et il a invité toutes les parties à faire preuve d'un "maximum de retenue".

Dans une déclaration transmise par son porte-parole, Ban a aussi exhorté le camp de Gbagbo à cesser de bloquer et de menacer les casques bleus de l'Onu.

A Abidjan, capitale économique du pays, des fusillades et explosions ont retenti dans la nuit de jeudi à vendredi dans le quartier d'Abobo, théâtre d'affrontements depuis mardi entre partisans de Gbabgo et de Ouattara.

La presse locale rapporte que de mystérieux insurgés qu'elle baptise les "commandos invisibles" se sont soulevés contre le président sortant.

"Des tirs ont retenti partout cette nuit. Il y avait des tirs d'armes lourdes. Nous n'avons pas dormi une minute", a déclaré Souala Tiemoko. "Ce matin, les rues étaient remplies de gens qui essayaient de partir. Ils vont dans les autres quartiers ou dans les villages."

Par centaines, portant sacs ou valises, des habitants marchent le long de la route qui permet de quitter Abobo, un quartier d'environ 250.000 habitants, a constaté un correspondant de Reuters.

Le porte-parole du gouvernement Gbagbo, Ahoua Don Mello, a déclaré que les insurgés d'Abobo étaient des rebelles du Nord mais le gouvernement parallèle de Ouattara, reclus dans l'hôtel du Golf à Abidjan sous la protection de casques bleus de l'Onu, assure qu'il s'agit de civils qui ont décidé de prendre les armes contre Gbagbo ou de soldats ayant fait défection.

Dans d'autres quartiers d'Abidjan, des membres des "Jeunes Patriotes", pro-Gbagbo, ont érigé des barricades et mis le feu à des autobus et à des taxis en réponse à un appel de leur chef, Charles Blé Goudé, qui les a invités à créer des unités "d'autodéfense", pour se protéger contre les rebelles.

Des habitants de Yamoussoukro, la capitale, ont aussi fait état de tirs au cours de la nuit.

Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a dit avoir des informations selon lesquelles le nombre de personnes franchissant la frontière avec le Liberia était passé d'une centaine par jour à 5.000 depuis les récents affrontements dans l'ouest du pays.

Avec Ange Aboa, Luc Gnago et Tim Cocks, Lou Charbonneau aux Nations unies; Jean-Stéphane Brosse et Nicole Dupont pour le service français

Par Reuters publié le 25/02/2011 à 12:28, mis à jour le 25/02/2011 à 19:04


Source: L'Express, du 25/02/2011

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