Le doute s'est installé jusqu'au plus haut sommet de l'Otan. "Nous ne savons pas ce que Kadhafi fait maintenant." La petite phrase émane du général Claudio Gabellini, qui s'exprimait mardi soir depuis le QG de l'Alliance atlantique à Naples, dans le sud de l'Italie. Un aveu lourd de sens, quelques heures après d'intenses bombardements des forces alliées sur des bunkers appartenant au colonel en plein Tripoli. "L'Otan ne vise pas des individus", a cru bon de rappeler le général Gabellini, précisant que les cibles de l'Otan étaient uniquement "militaires", à savoir des "bunkers de commandement et de contrôle".
Fuite dans le désert
Résultat, la rumeur court de plus belle. Le raïs n'est plus apparu en public depuis le 30 avril, peu après un raid aérien visant un bâtiment de son complexe, Bab al-Aziziyah, où son fils cadet, âgé de 29 ans, et trois de ses petits-enfants ont péri. Les rebelles se sont engouffrés dans la brèche pour affirmer que le colonel avait fui dans le désert Ash Shuryaf, à 400 kilomètres au sud de la capitale libyenne. Aucun élément n'est venu étayer leurs propos.
Quoi qu'il en soit, Muammar Kadhafi semble avoir perdu le contrôle sur la majeure partie de la Libye. L'ONU a d'ailleurs lancé un cri d'alarme mardi au sujet de la situation humanitaire avec l'"effondrement des infrastructures" et les "pénuries généralisées" de toutes sortes. Le procureur de la Cour pénale internationale estime de son côté que les violences depuis le début de la révolte, le 15 février, ont fait des "milliers de morts" et poussé près de 750 000 personnes à fuir. Kadhafi est peut-être l'une d'entre elles.
Source: Le Point.fr - Publié le 11/05/2011 à 11:37 - Modifié le 11/05/2011 à 14:41
Author: Cyriel Martin
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